Le blog de Bruno Piriou

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mercredi 26 septembre 2018

REUSSIR ENFIN LE RASSEMBLEMENT DANS LA PREMIERE CIRCONSCRIPTION DE L'ESSONNE

Réussir enfin le rassemblement dans la première circonscription de l’Essonne

Un an après avoir déclaré son amour pour la France et pour les Essonniens, Manuel Valls déclare sa flamme à Barcelone. En son temps c'est surtout pour la finance que l'ex premier ministre savait trouver les mots les plus doux. Quand ça va mal pour elle, la finance se délocalise. Valls fait de même. Bon vent. Mais il n'y a rien d'étonnant au goût amer que cela laisse à celles et ceux qui attendent encore quelque chose de la démocratie représentative.

En démissionnant, l'ex-député provoque une nouvelle élection législative. Elle doit être l'occasion pour les habitants de la première circonscription de l'Essonne de se faire enfin représenter à l'assemblée nationale par un député présent et utile. Les sujets ne manquent pas: défendre les usagers des transports en commun avec la ligne C et D du RER, soutenir les personnels de l'hôpital sud francilien mais aussi ceux de l'éducation nationale, porter la parole des milliers d'Essonniens au sud du grand Paris qui ont besoin d'emplois, de développement économique et de logements, agir haut et fort pour l'urgence environnementale, arrêter de s'en prendre aux retraités, donner de l'espoir aux milliers de jeunes qui souhaitent réussir leur projet de vie. Autant de besoins contrecarrés par un an de politique du président des riches.

La candidature de Farida Amrani et d'Ulysse Rabaté est d'évidence la mieux à même de relever ce défi. Quelle chance se serait pour des milliers d'Essonniens d'être défendus et représentés à l'Assemblée nationale par cette jeune femme politique. Pour gagner dans quelques semaines, les conditions d'un large rassemblement doivent être créées. Je fais partie de ceux qui militent pour que la vie politique soit toujours plus l'affaire des citoyens, qu'elle ne soit pas captée par des partis ou des mouvements qui éloignent les intéressés de la prise d'initiative. Plus que jamais la politique a besoin de démocratie où chacun compte pour un, où les conditions du débat et de l'échange sont respectées. C'est pourquoi, il est urgent qu'une initiative politique ouverte à toutes et tous, citoyens, partis, organisations, mouvements, soit prise pour que leur candidature ne soit pas seulement celle d'une seule organisation mais celle d'une dynamique citoyenne où chacun ait son mot à dire. Alors, cette fuite de Manuel Valls aura aussi contribué à régénérer une vie politique bien abîmée.

Bruno Piriou

Conseiller municipal de Corbeil-Essonnes

Conseiller communautaire de Grand Paris Sud

lundi 9 juillet 2018

Une cantonale partielle prometteuse

Cette courte campagne électorale déclenchée suite au décès de Serge Dassault le lundi 28 mai n’a duré que quatre semaines. Elle s’est achevée hier dimanche 8 juillet par la victoire du candidat LR Jean-Pierre Bechter, maire de Corbeil-Essonnes et de son suppléant Thierry Lafon, maire de Lisses contre la candidate du Printemps de Corbeil-Essonnes Elsa Touré et de son suppléant Frédéric Bourges soutenus par la France Insoumise et le parti communiste. Elle livre des enseignements bien utiles pour l’avenir.

Une abstention record au premier tour comme au second. 3468 exprimés au premier tour sur 32519 inscrits soit 10,66% de participation et 3667 exprimés au second tour soit 11,27%. Dit autrement 9 personnes sur 10 n’ont pas jugé utile d’aller voter. L’élection cantonale est l’une des échéances les moins concrètes pour les électeurs. D’autant que le résultat de cette partielle n’allait pas changer la majorité au département. Voter pendant les fortes chaleurs d’un début juillet n’arrange rien. Mais le fait le plus inquiétant est le nombre d’électeurs rencontrés qui nous ont affirmé « ne plus rien attendre des élections ». La démocratie représentative est bien en crise et avec elle le rapport des citoyens aux pouvoirs, à leurs représentants et aux institutions. Le fait n’est pas nouveau mais il s’ancre et s’élargit. Il ne trouvera pas de solutions miraculeuses rapidement. Pour penser le gouvernement des femmes et des hommes, nous n’avons pas d’autres solutions de questionner ce que doit être notre démocratie. Comment concilier la liberté individuelle et la définition de nos communs et donc de nos services publics ? Comment trouver du goût et du plaisir à échanger avec d’autres sur la façon de gérer nos communes, nos collectivités territoriales, notre pays, notre Europe ? C’est à cela que nous travaillons avec l’association Le Printemps de Corbeil-Essonnes, convaincus que la forme traditionnelle des partis politiques est à réimaginer. Convaincus aussi que la politique ne peut être que le fruit d’une élaboration collective où chacun compte pour un et où à chaque étape du processus, nous décidons ensemble de ce que doit être l’intérêt général. L’Histoire nous a montré que prétendre faire le bonheur des gens à leur place, que vouloir faire rentrer la réalité des femmes et des hommes dans un imaginaire idéologique préétabli menait à de terribles déboires. Nous payons encore l’échec de l’expérience communiste des pays de l’Est achevée il y a à peine 30 ans. La colère et le désespoir mènent à l’abstention pour une autre raison de fond : il existe un doute profond sur la capacité des humains à vivre autrement que sous le règne de la loi du plus fort. Je suis frappé d’entendre trop souvent l’idée fataliste qu’il y a toujours eu des pauvres et des riches, que cela ne changera jamais. Alors à quoi bon voter ? La répétition des alternances politiques nationales Sarkozy, Hollande et maintenant Macron sans que rien ne change et que tout se dégrade produit ce découragement. L’un des moyens de redonner de l’espoir dans la politique passe donc bien par l’élaboration collective d’un nouvel imaginaire politique tout à la fois respectueux de l’individu et prometteur d’un avenir en commun.

Le clivage gauche/droite n’est pas mort. Cela fait quelques années que nous ne parvenons plus à nommer les choses en politique. Gauche, droite, populiste, peuple, oligarchie, gauche radicale, gauche réformiste… Nous retrouverons les bons mots nouveaux ou anciens au gré de nos expériences et de nos démonstrations. Je suis de ceux qui pensent la politique n’est pas l’affrontement du camp des gentils contre celui des méchants mais comme le lieu où se confrontent des partis pris. N’oublions jamais que le capitalisme dominant est l’œuvre du peuple tout entier et pas seulement celle de quelques affreux banquiers. Tous les pauvres ne veulent pas le bonheur de tous et tous les riches ne sont pas d’affreux égoïstes. Petite parenthèse à mon propos, sur les 7 bureaux de vote où nous arrivons en tête à Corbeil-Essonnes, 5 concentrent des classes moyennes. A l’opposé, le meilleur bureau du candidat LR JP Bechter est le bureau 20 du cœur des Tarterêts où il réalise 74,5% des voix et qui concentre les populations les plus en difficulté. Les citoyens votent pour le candidat dont ils pensent qu’il défend le mieux leur intérêt. Et parfois leur intérêt individuel n’équivaut pas à l’intérêt général. J’ai avec Ulysse Rabaté écrit à ce sujet le livre « L’argent maudit » chez Fayard. Nous pouvons penser que le clientélisme vit encore en ayant pris d’autres formes, emploi, logement, subvention. Et le clientélisme ne se combat pas à coup de discours moralisateur et culpabilisant mais en réussissant à proposer une réalité et un imaginaire collectif plus souriant et plus prometteur que la carotte de celui au pouvoir. La politique pour celles et ceux qui défendent le parti pris de la liberté, de l’égalité et de la fraternité est à mon avis incompatible avec la règle du « chacun pour soi », du « si tu veux tu peux », pas uniquement dominante en France mais sur l’ensemble de notre planète. Force est de constater que l’idée molle représentée naguère pas la sociale démocratie a échoué à combattre le capitalisme. La gauche n’a pas échouée en Europe par excès de radicalité mais au contraire par faiblesse à s’opposer aux forces de l’argent. Voilà pourquoi, des mouvements que nous dirions plus radicaux parviennent à capter l’électorat traditionnellement de gauche. C’est pour une part la réussite de La France Insoumise en France et dans une autre mesure celle de Podemos en Espagne. Comment expliquer autrement que deux candidats peu connus du grand public, Elsa Touré et Frédéric Bourges mais soutenus par la France Insoumise et le parti communiste soient arrivés dans les quatre communes du canton, devant le candidat socialiste et le candidat écologiste ? A noter aussi le faible résultat du candidat En Marche avec seulement 10% des voix. Contrairement à celles et ceux qui tenteraient de nouveau d’agiter l’épouvantail citoyen, communiste, insoumis en expliquant qu’avec eux il est impossible de gagner, qui peut croire qu’un candidat socialiste ou vert aurait mieux réussi au deuxième tour ? Au contraire cette partielle à étudier avec toutes les précautions nécessaires réaffirme d’une certaine façon le clivage gauche droite avec une gauche représentée par sa forme la plus affirmée et avec une droite représentée par sa forme la plus classique les LR. A noter aussi la forte chute du parti de Marine Le Pen arrivé entête il y a deux ans sur le même canton avec 26% des voix contre 13% aujourd’hui. Fait notable pour la candidature citoyenne soutenue par la FI et Le PCF, elle double son score au second tour. Le total gauche du premier tour faisait 1445 voix. Elle réalise 1634 voix au second ce qui signifie un bon report de voix et une prise non négligeable sur les 199 nouveaux électeurs du second tour. Il est donc bien possible de rassembler avec une candidature issue de ce que l’on appelle la gauche radicale. La preuve encore avec notre très bon résultat à Villabé, commune dirigée par un maire de droite où nous réalisons 57,58% des voix. Ce qui est possible à Villabé peut l’être ailleurs et notamment à l’avenir à Corbeil-Essonnes. Cela ne fait ni de moi un insoumis soumis à Jean-Luc Mélenchon ni de moi un communiste repenti mais l’affirmation d’un homme politique en quête de radicalité au service des valeurs de la république convaincu que la démocratie est une idée neuve.

Oui il y a encore du travail à faire à Corbeil-Essonnes pour espérer gagner les municipales de 2020. Personne n’en doute mais ces résultats prouvent que c’est possible et la réalité de la vie dans notre ville prouve aussi que c’est nécessaire. J’ai la conviction qu’une majorité de Corbeil-Essonnois désirent un changement dans notre ville. Il ne pourra s’exprimer que si nous parvenons à élargir considérablement le creuset à tous les citoyens désireux de s’y atteler sans condition préalable. Les femmes et les hommes désireux de ce changement n’ont pas d’autre alternative de réussir un rassemblement le plus tôt possible et sur un projet élaboré avec la population. C’est à cela que le Printemps de Corbeil-Essonnes travaille depuis des mois et qui explique aussi pour une part notre bon résultat. Nous mettons en œuvre l’idée que la politique, cela ne peut et ne doit être que le temps des élections. La politique, c’est toute l’année. Je ne crois pas dans l’idée qui consiste à dire, votez pour nous et nous ferons du bonheur. Je crois dans l’idée qui consiste à produire du bonheur collectivement tout de suite. Voilà pourquoi, nous avons organisé des vœux à la population en janvier, débattu des inondations, dénoncé l’état de la voirie et à travers elle la dégradation des services publics, sorti un journal d’information, organisé la fête de la musique. Voilà aussi pourquoi nous organisons le dimanche 5 août prochain des cars à la mer pour 250 Corbeil-Essonnois-es. Le Printemps de Corbeil-Essonnes se veut une expérience originale et prometteuse pour fabriquer du commun en respectant la personnalité et les idées de chacun. L’ambiance y est chaleureuse, ouverte et fraternelle. Vous y êtes toutes et tous les bienvenus.

A très vite et bel été à vous toutes et tous.

mercredi 13 juin 2018

Que la fête commence!

Que la fête commence.

D’un côté, les détenteurs des profits du CAC 40, 94 milliards d’euros de bénéfices, qui se votent des lois les protégeant avec le secret des affaires pour dissimuler leur monstruosité contre les hommes et la planète, de l’autre la taxation des retraités. D’un côté le coût exorbitant de l’évasion fiscale et le peu de moyens pour y remédier, de l’autre l’augmentation du nombre de personnes pour contrôler les chômeurs. Qui peut encore croire à une quelconque émancipation par les lois du marché ? Les profiteurs du système s’en rendent tellement compte qu’ils accélèrent le mouvement.

Un ni droite – ni gauche au service de la haute finance

Le ni droite ni gauche de notre président n’est jamais que le cache-sexe de sa véritable fonction : chef de bureau de la haute finance. Que nous dit-il ? Les progrès incessants des sciences et techniques appartiennent à l’Europe des banques, leurs avancées sont nos profits et vous le peuple en serez les serviteurs. Nous avons besoin de moins en moins de votre travail pour s’enrichir, votre salut réside dans le salariat à bas prix et la précarité. Cela relève de la « réalité » économique, la leur bien sûr, qu’elles ont patiemment et efficacement construite. Celle qui fait que l’argent que nous utilisons pour échanger ce qu’elles présentent comme nos valeurs dans le travail, dans la culture, dans la solidarité, nous devons leur louer pour l’utiliser. La location de cet argent porte un nom, cela s’appelle la dette.

Cette pression sur le plus grand nombre ne se fait pas sans résistance, quand bien même la convergence n’est pas encore au rendez-vous. Pour l’empêcher, le pouvoir agite le sempiternel chiffon rouge : l’évasion sociale avec les chômeurs qui trichent, les nantis du service public avec leurs gigantesques salaires aux alentours de 1600 € par mois. Les experts tournent sur les plateaux de télévision pour nous expliquer qu’il n’est plus question de continuer à utiliser notre argent solidaire, nos impôts pour nous-mêmes, pour notre service public, celui qu'ils ne cessent de détruire pour en faire l'objet de leurs profits. Ces experts se gardent bien de dire que pour la période 2011-2017, la banque centrale européenne a injecté plus de 4000 milliards d’euros dans l’économie de la zone euro. Notre pouvoir d’achat n’a pourtant rien vu venir.

Les ordonnateurs de ce système sont bien évidemment tous ceux qui en profitent ouvertement, mais cela ne suffit pas à expliquer l’extension exponentielle de leur pouvoir. Il faut y ajouter une part non pas de nous-mêmes au sens conscient, mais une part liée à l’impossibilité de faire front contre ce monde dominateur qui nous piétine sous le poids de ses deux jambes l'une de l’avidité, l'autre de la cupidité.

Débattons de la part de nous-mêmes dans ce système

C’est là que nous avons besoin de débattre, de nous réunir, de nous appuyer sur nos diversités, sur nos différents points de vue, parfois contradictoires. Il nous faut absolument quitter, devant la complexité des constructions humaines, les réponses toutes faites et simplistes qui laissent croire qu’il suffirait que chacun prenne conscience de ses intérêts pour renverser cet état de fait. Il n’y a pas en ce domaine de savoirs supérieurs indiscutables, y compris ceux des révolutionnaires diplômés, l’histoire l’a, douloureusement démontrée. Cela ne tient que parce que dans le détail de nos vies quotidiennes nous sommes poussés à y participer. Le capitalisme dans son mode d’évolution néolibérale, n’est pas une invention de certains, il est la résultante de nous tous, de ceux qui sont pour, de ceux qui sont contre, de ceux qui se taisent comme de ceux qui s’y opposent.

Tous les pouvoirs, comme le rappellent nos mythes ancestraux, ont un point faible. Il est là sous nos yeux au quotidien, représenté par la promotion de l’incompétence et de la médiocrité qui ne peut que se réfugier dans le contrôle tous azimuts. Ils ont tellement peur que nous nous ressaisissions de la question démocratique, qu’ils ne cessent d’étendre leur grossièreté contrôlitaire. Si nous n’étions pas là pour, à chaque instant, pallier leur nullité, nous nous rendrions rapidement compte qu’ils mourraient de soif au bord d’un cours d’eau.

La modernité de la question démocratique

C’est là toute notre force, il suffit que nous l’acceptions. Il suffit que nous fassions nôtre la question démocratique en en faisant une question tout à fait neuve dans sa pratique : une question non pas de gouvernants, mais de gouvernés.

Le militantisme peut et doit être utile à interroger notre part de renoncement passif. A nous tous ensemble de définir les grandes règles de partage entre les légitimes exigences individuelles et celles relevant du commun. Les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité ne sont pas des vérités en soi. Tout juste un ensemble porteur pour le commun qui nous unit et qui nécessite pour retrouver un sens partagé d’être confrontées à l’aune du vécu de chacun. Réapproprions-nous notre destin, non pas celui imposé à chacun par un communisme prescriptif, mais l’horizon que le commun de ce destin représente pour que nos diversités en soutiennent sa direction dans un mouvement constituant permanent.

Imposons dans les pratiques quotidiennes de nos économies, de nos cultures, de nos divertissements, de nos rencontres, de nos diversités associatives et bien sûr de nos joies et de nos peines partageables, une lutte permanente contre leur uniformisation triste et culpabilisante.

Que la fête commence, qu’une république des gouvernés se débatte et se discute, que les grèves soient des lieux de fête de rencontre et de partage. La confiance vient en commençant.

S’il est vrai que les exigences de la haute finance mènent les humains et le vivant sur terre à la catastrophe, l’exigence d’un monde nouveau est plus que jamais d’actualité. Pour voir le jour, ce monde du commun, ce monde des Lumières contre l’aveuglement de tous ces bonimenteurs, ne doit plus être simplement confiné dans le carcan des professionnels de l’espoir jamais réalisé, mais doit se concrétiser dans l’effectivité créatrice de nos pratiques politiques. Que la fête commence et que leur vieux monde dépérisse.

__Roger Ferreri Psychiatre Bruno Piriou Conseiller municipal Corbeil-Essonnes__

mardi 12 juin 2018

Election cantonale partielle, envoyer un message clair au gouvernement et à ses relais locaux

Les 1er et 8 juillet prochains se tiendra une élection départementale partielle suite au décès de Serge Dassault. Nous partagions la même passion pour Corbeil-Essonnes et ses habitants. Mais nous divergions profondément sur le projet et surtout sur les méthodes. Le moment viendra où il sera nécessaire de tirer tous les enseignements des décennies écoulées.

Dans seulement trois semaines les électeurs-rices seront appelés à renouveler le siège de leur conseiller-e départemental-e et d’un-e suppléant-e. Autant dire que le temps consacré au débat sera limité. Il y aurait pourtant beaucoup à dire et à constater.

Depuis trois ans la nouvelle majorité départementale LR-UDI n’a eu de cesse de démanteler les politiques publiques mises en œuvre depuis 1998. A commencer, dès 2016, la hausse vertigineuse des impôts de 29% et des coupes budgétaires massives. Elles n'ont épargné aucun domaine utile aux populations : suppression de la carte jeune, des aides aux transports, à la vie associative, au logement, aux clubs sportifs, aux locataires du Parc HLM, à la petite enfance, aux retraités ou aux personnes atteintes d'un handicap. Cette majorité départementale est à l'unisson de la politique de Macron : même hargne contre tous nos services publics. Casse des hôpitaux publics, de la SNCF, de la Poste ou des EHPAD. Même mépris pour leurs salariés confrontés à des baisses d'effectifs et de moyens, générant d'insupportables conditions de travail. Aux ultras-riches toutes les faveurs. Au peuple, toutes les régressions sociales.

L’élection partielle à venir doit être l’occasion d'envoyer un message clair au gouvernement, comme à ses relais locaux et départementaux. Et aussi à Manuel Vals qui après avoir tout trahi, veut maintenant se faire élire Maire de Barcelone ! Tous ceux-là sont à jamais discrédités. Nous avons besoin d'un-e Conseiller-ère départemental-e à même de porter notre voix et nos espoirs au seing de l'Assemblée départementale. C'est à notre portée. A la condition qu'émerge une candidature de large rassemblement citoyen. Dans les heures qui nous séparent du dépôt de candidature je vais, sans relâche, m'y consacrer. Moi-même je ne serai pas candidat. J'appelle les forces de gauche, écologistes, associatives et citoyennes, à travailler ensemble à l'émergence d'une candidature issue du cœur battant et généreux de Corbeil-Essonnes. Nous en sommes riches. Portée par tous elle peut être victorieuse.

mercredi 29 novembre 2017

Quel avenir pour Corbeil-Essonnes au sud du Grand Paris?

Retour sur la soirée du Printemps de Corbeil-Essonnes : Quel avenir pour Corbeil-Essonnes au sud du Grand Paris ?

Une quarantaine de Corbeil-Essonnois-es ont répondu présents-es à cette rencontre débat mardi 28 novembre au Bar le Bellevue. Antonine Ribardière, géographe à Paris 1 nous a illustré l’évolution démographique de Corbeil-Essonnes de ces dix dernières années. La progression du nombre d’habitants est exceptionnelle : Nous sommes passés de 41000 à 51000 habitants en 10 ans. Avec une baisse des ménages les plus aisés, et une augmentation des ménages les plus défavorisés mais aussi des classes moyennes inférieures. A l’image de nombreux jeunes couples venus profiter de l’offre nouvelle de logements. A noter aussi la chute du prix de l'immobilier de plus importante à Corbeil-Essonnes que dans le reste du département: moins 15% dans notre ville contre moins 6% en Essonne.

L’universitaire pointe trois questions :

• Quelle offre de services pour répondre à la croissance démographique ?

• Quelle mixité sociale ?

• Quel avenir pour ces milliers de logements neufs mais de première catégorie ?

A ces questions, les Corbeil-Essonnois-es ont réagi avec une approche riche et diverse. Elsa Drapier, animatrice de la soirée a d’abord invité chacun-e des participants à exprimer en une phrase sa perception de l’avenir de la ville. Nous avons pu entendre : problème de transports, grande ville, mal barrés, manque de lien mais grand potentiel, ville à reconstruire, nids de poule, rêve d’une ville combative, besoin de mixité et de fraternité, décloisonner les quartiers, envie de partir, incertitude, besoin d’une ambition nouvelle, atouts, nécessité que l’opposition se rassemble, les anciens ne reconnaissent plus leur ville, besoins de services et de commerces de proximité, quel avenir pour l’emploi… Si tout le monde reconnaît un attachement à la ville et ses atouts, l’inquiétude domine pour les années à venir.

L’échange qui a suivi a permis de dégager des pistes de réflexion pour redonner à Corbeil-Essonnes les moyens de relever ses défis.

• Besoin de démocratie en libérant la parole des habitants-es et en les faisant se rencontrer au-delà de leurs propres quartiers.

• Avoir une municipalité qui encourage les projets associatifs et de la jeunesse plutôt que de les corseter.

• Mener la bataille des transports en commun pour la ligne D du RER et le tramway jusqu’à Evry et Corbeil-Essonnes.

• Redonner à la ville du poids dans la nouvelle agglomération et au conseil départemental.

• Créer du lien entre les touts locaux : université, hôpital, génopôle, grandes entreprises et réseau de PME, formation et logement étudiants.

• Définir un projet éducatif ambitieux pour accueillir les nouveaux jeunes couples et leurs enfants.

• Redéfinir une vision politique pour la ville que personne ne perçoit aujourd’hui.

• Créer un front républicain pour élaborer un projet participatif.

De ces échanges rapidement ramassés, chacun-e a souligné l’énergie possible de cette ville. Chacun-e a aussi reconnu qu’il ne fallait attendre de personne d’autre que de nous-mêmes l’initiative de libérer cette énergie. C’est ce à quoi le Printemps de Corbeil-Essonnes souhaite être utile.

Le prochain rendez-vous est fixé aux vœux le vendredi 26 janvier à 19 heures au Bellevue.

dimanche 5 novembre 2017

Jean-Pierre Bechter ou l'art de la manipulation et de la démagogie en politique

« Jean-Pierre Bechter approuve totalement la décision et la promesse d’Emmanuel Macron, président de la République, de supprimer la taxe d’habitation, impôt vieux de 103 ans et totalement injuste. »

Les Corbeil-Essonnois-ses peuvent lire cela en ouvrant le journal municipal du mois de novembre. Voilà un maire qui affirme ce qui paraît être une évidence et qu’en l’énonçant se dit qu’il caresse à bon compte ses concitoyens dans le sens du poil. A y regarder de plus près, cette idée très politique de notre maire LR de Corbeil-Essonnes pose pour le moins quelques questions elles aussi très politiques.

« vieux de 103 ans »

Ce qui m’a d’abord alerté, c’est l’idée qu’une mesure, ici un impôt mais il pourrait s’agir de toute autre règle ou croyance, datant de plus d’un siècle serait caduque.

• Dépassée la déclaration des droits de l’homme et du citoyen datant de 1789 qui stipule que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » ? Cela aide toujours à faire passer la loi qui s’en prend aux libertés individuelles en faisant rentrer dans le droit commun l’état d’urgence.

• Dépassé le code du travail avec des lois datant par exemple de 1841 qui interdit le travail pour les enfants de moins de huit ans ? Cela permet de passer à la trappe des décennies de conquêtes rééquilibrant le rapport de force entre les salariés et les chefs d’entreprise.

• Dépassée la sécurité sociale de 1945 qui donne le droit à tous les citoyens d’accéder aux soins ? Cela ouvre la voix à son démantèlement pour la remplacer par un système d’assurances privées et par une fiscalisation avec la CSG.

Que dire alors de La Bible datant de 1450 ans avant JC ou du Coran en l’an 630 si l’on croit que la valeur des textes dépérit proportionnellement à leur jeunesse ?

« La taxe d’habitation totalement injuste »

« La taxe d’habitation totalement injuste » laisserait à penser qu’elle le serait plus que tout autre impôt. L’affirmation de notre maire ne tombe pas là au hasard du temps. Les Corbeil-Essonnois-ses viennent de payer leurs impôts locaux et dans cette ville classée au bas de l’échelle des revenus, l’ardoise paraît bien salée. Le revenu moyen à Corbeil-Essonnes est de 1329 euros / mois quand il monte à 1966 euros /mois en Essonne. Corbeil-Essonnes se classe au 30570ème rang sur 36717 communes pour le revenu moyen le plus bas. Au vu de l’état des routes dans notre ville et de la baisse des politiques publiques, peut-être le maire tente-t-il une annonce pleine de bon sens et de justice sociale. Regardons de plus près. Personne ne conteste l’inégalité du calcul de cet impôt qui repose sur la valeur locative de la surface habitable. Celle-ci n’a pas été revue depuis 1971 et ne tient pas compte des revenus des habitants. La taxe d’habitation nécessite d’être repensée. Pour autant les impôts locaux à Corbeil-Essonnes représentent 25 millions d’euros de recettes. Ils sont le moyen d’autonomie financière des communes et par là-même l’un des leviers d’exercer la démocratie locale au plus près des citoyens. Ce que ne dit pas notre maire qui par ailleurs ne cesse de réclamer plus de moyens de la part de l’Etat c’est par quel impôt propose-t-il de remplacer cette taxe ?

• Par l’impôt sur le revenu ? Mais en quoi est-il plus juste ? L’année même où le président Macron cher à notre maire, vient de supprimer l’Impôt sur les grandes fortunes, l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur les dividendes et de créer la Flat tax ce qui fera perdre 20 milliards d’euros aux caisses de l’Etat et gagner la même somme aux quelques familles les plus fortunées de notre pays.

• Par la TVA ? Impôt tout aussi injuste payé par chacun sur la consommation des biens indépendamment de ses revenus.

De même, le maire ne dit pas ce qu’il pense de l’augmentation de la CSG pour les retraités et de la baisse des APL pour les plus démunis. Jean-Pierre Bechter ne va pas jusqu’à proposer la disparition de tous les impôts auquel cas il lui faudrait tout de même expliquer comment financer les hôpitaux, les écoles, la justice et la police. Mais sa petite musique participe bien du concert Macronien qui consiste à supprimer toujours plus de politiques publiques et à faire financer celles qui restent par les plus démunis au profit des plus aisés. Rappelons qu’en 5 ans les 500 plus grosses fortunes françaises ont vu leur patrimoine gonfler de 20% pendant que 9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté dans notre pays. Rien d’étonnant à ce Jean-Pierre Bechter ait préféré Manuel Valls à nos candidats insoumis aux dernières législatives et s’accommode si bien du « président des riches ».
__ Décidemment, la petite phrase de Jean-Pierre Bechter n’a rien de gratuit.__

lundi 11 septembre 2017

POUR UNE DEMOCRATIE POPULAIRE EN MOUVEMENT

Pour une démocratie populaire en mouvement.

Nos démocraties d’origine occidentale se sont progressivement transformées en dispositifs réalisant ce que Marx avait envisagé : construire une machinerie politique dont le but consiste à promouvoir les intérêts des classes dominantes en les faisant passer pour l’intérêt général.

Un exemple parmi de nombreux autres : il serait de l’intérêt général, pour sauver « notre monde économique », que le travail devrait être de moins en moins rémunéré. La « pauvre France », en 2016, n’en a pas moins été la championne de la rémunération de l’usure en prodiguant 16,6% de rendement à son actionnariat tandis que les salaires ne progressaient que de 2,7%.

Laissons l’évidence de ce constat pour nous ouvrir au plus complexe : cela ne peut perdurer qu’avec notre participation, qu’elle soit consentie ou par défaut.

En ce sens ne faudrait-il d’abord pas s’interroger les uns les autres pour reprendre en main nos destinées ? Ne faut-il pas nous ressaisir de la question démocratique ? La démocratie représentative n’a-t-elle pas atteint ses limites et avec elle la 5ème République ? En quoi la mondialisation serait-elle par nature incompatible avec l’émergence citoyenne quand tant d’exemples prouvent le contraire, pensons entre autre à Wikipédia ? Y a-t-il une fatalité à ce que la question démocratique soit jetée avec l’eau du bain d’un communisme sans « sens du commun » ? Ou au contraire n’y a-t-il pas matière à s’instruise les uns les autres de l’émergence d’un sens nouveau du « commun » viable qu’à la condition d’être l’œuvre de chaque individu ? Une certaine vulgate « révolutionnaire », soutenue par des intellectuels installés n’a-t-elle pas considéré que la question démocratique ne fût jamais qu’un avatar du libéralisme ? N’a-t-on pas non plus, laissé bien d’autres termes : la liberté, le travail, la valeur pour n’en citer que quelques-uns, nous parvenir déjà très orientés dans leur présentation, au point que nous soyons de fait exclus de pouvoir en débattre autrement que sous condition ?

La seule opposition sérieuse et qui vaille se présente munie d’un programme et d’un leader. Dans la circonstance du moment, nous en sommes heureux et nous pouvons nous y reconnaitre dans le mouvement qui la porte, mais au regard de l’histoire cela ne saurait suffire. Il y faut plus : la constitution à partir de la diversité populaire d’un mouvement qui concilie un projet collectif avec le maintien des particularités individuelles. Cela n’est pas simple, certains diront même assez de bavardages de l’action. L’action à elle seule ne fait pas politique. Elle a trop souvent servi dans l’histoire à la mise en place de nouvelles formes de domination, en dépossédant les acteurs du sens de leurs actions. Gramsci dit qu’il « faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté». Nous proposons, pour dépasser le pessimisme de la raison, de démultiplier les lieux de son émergence à partir de la réalité la plus rapprochée qui soit : des assises locales dans la vie quotidienne.

C’est le sens en cette rentrée de notre appel : la mise en place de multiples forums, mettant au travail la politique c’est-à-dire la conciliation d’un certain nombre de projets collectifs avec les diversités singulières. Pour le dire autrement la conciliation d’un projet collectif avec l’imaginaire de la valeur de chacun qui ne peut exister qu’à la condition d’être partagé. C’est pourquoi nous pensons dépassée l’idée selon laquelle il faudrait élever la conscience du peuple qui justifie la formation d’un parti et d’un leader.

Il n’y a de peuple que dans l’exercice risqué de ses expressions multiples. C’est à cela que tous ensemble nous pouvons aspirer en créant les conditions de pouvoir partager la complexité de notre rapport au monde.

Comment ?

En acceptant l’idée que politique et démocratie sont indissociables et ne vont de pair qu’à la condition d’accepter cette tension permanente entre les intérêts collectifs et les intérêts particuliers. Il n’y a de communisme qu’en mouvement permanent. Les moyens techniques actuels nous permettent d’envisager l’ouverture de multiples forums qui pourraient s’organiser en thèmes sur la question démocratique et sur le politique permettant de la soutenir. Une autre république est nécessaire, mais discutons d’abord de la complexité de construire notre commun, au plus près de nos paysages quotidiens, sans détruire les rapports que chacun entretient avec ses imaginaires de la valeur. Cela sous-entend d’effectuer un travail sur le rapport que nous entretenons avec nos valeurs. Risquons, pour libérer nos réflexions, que la question ne serait pas tant ou seulement d’être anticapitaliste que de mettre en place les conditions d’un dépérissement de la suprématie des parasitismes financiers. Ce qui revient à réfléchir aux conditions de la fabrication de nos imaginaires sociaux.

Peut-être nous faut-il relever encore et encore le défi des lumières que Kant formulait par un impératif : « osez penser ». Osons penser par nous-mêmes en dehors de ce choix destructeur pour notre avenir et notre planète qui nous laisserait comme seule possibilité soit d’être esclavagiste soit d’être esclave, sous prétexte que le néolibéralisme permettrait à notre libre arbitre de choisir l’un ou l’autre, milliardaire ou pauvre.

Pour oser penser, il nous faudra probablement oser nous parler et débattre ensemble. C’est à cela que nous nous invitons, nous qui refusons de nous soumettre à l'ordre destructeur qui détourne les démocraties de la mise en mouvement de nos communs.

__Roger FERRERI Bruno PIRIOU__

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