Des pratiques mafieuses sur le chantier de rénovation du collège La Nacelle
Par Bruno Piriou le mardi 2 septembre 2008, 11:54 - Vu dans la presse - Lien permanent
Le Parisien, dans son édition du 19
juillet 2008, nous informe de faits se déroulant sur le chantier de rénovation
du collège de La Nacelle à Corbeil-Essonnes. article de Louise Colcombet
Des intimidations sur le chantier du collège. Suite à une série de dégradations troublantes, les travaux à la Nacelle prennent du retard. A ce jour, cinq plaintes ont été déposées. «DES pratiques mafieuses. » L'expression revient en boucle pour évoquer les péripéties que vit actuellement le chantier de rénovation du collège de la Nacelle, à Corbeil. Incendies, menaces de mort, dégradations, intrusions : depuis quelques semaines, ces travaux sont devenus un calvaire.
A ce jour, cinq plaintes contre X ont été déposées par les entreprises en charge du chantier, et par le conseil général, propriétaire des lieux. Deux hommes ont été arrêtés et comparaîtront en décembre devant la justice pour « menaces et rébellion ». Mais la justice continue de s'interroger sur de telles pratiques. Tout commence en avril : trois incendies sont allumés et plusieurs engins sont endommagés au collège. Coïncidence ? Quelques jours plus tard, un homme remet au chef de chantier une plaquette vantant les qualités d'une entreprise de gardiennage bien connue à Corbeil. Deuxième acte lors du week-end des 28 et 29 juin. Un nouveau feu se déclare. Accidentel selon les pompiers, celui-ci est interprété par certains comme un nouvel avertissement. Il est alors décidé de faire appel à une société extérieure pour assurer la sécurité du chantier. Les ex-vigiles assurent avoir simplement « voulu mettre en garde » le gardien La menace se fait plus précise entre les 5 et 6 juillet avec l'intrusion au collège de groupes de 5 à 15 personnes. Ils se vantent d'être à l'origine des feux et affirment qu'ils recommenceront tant que la surveillance sera confiée à une entreprise « extérieure au quartier ». Le gardien est menacé de mort. Deux trentenaires sont arrêtés par la police. L'enquête montrera qu'ils sont d'anciens employés de la fameuse entreprise de gardiennage locale venue proposer ses services après la première dégradation. Durant leurs auditions, ces ex-vigiles assureront avoir simplement « voulu mettre en garde » le gardien. Originaires de Corbeil, ils savent combien le métier est difficile dans les cités... Depuis, la première entreprise de surveillance a jeté l'éponge. Une deuxième pris le relais en postant des maîtres-chiens. Ce qui n'a pas empêché des jets de pétards en direction du collège le week-end dernier. A Corbeil, où un scénario quasi identique s'était déjà joué en 2004 dans la cité des Tarterêts, donnant lieu à une enquête de la police, ces pratiques n'étonnent guère. Reste à savoir si ces pressions sont le fait d'individus agissant pour leur propre compte ou s'ils sont « mandatés » par leur ancien employeur. Une entreprise déjà dans la tourmente depuis l'hiver dernier avec une information judiciaire ouverte pour comprendre les liens unissant cette société et la mairie de Corbeil, qui lui a attribué de nombreux marchés, dont la surveillance des bâtiments publics. « Il est hors de question que cela empêche les élèves d'étudier dans de bonnes conditions » Pour Jacques Picard, élu vert d'opposition qui avait soulevé le problème dès 2005, cette nouvelle affaire est « inadmissible ». « Réclamer un marché parce qu'il se trouve sur un territoire donné, en utilisant l'intimidation, cela a un nom : ce sont des pratiques mafieuses. » Bruno Piriou, conseiller municipal d'opposition et vice-président PC du département, dénonce un « engrenage ». « De mauvaises habitudes ont été prises à Corbeil depuis des années, certains ont obtenu des marchés en ville en menaçant. Il est hors de question que l'intimidation empêche les élèves d'étudier dans de bonnes conditions. » Car les dégradations risquent bien de compromettre les délais de livraison du chantier, dont le coût total dépasse les 13 M€. Du côté de l'entreprise de gardiennage locale, on affirme n'avoir en aucun cas démarché le chantier du collège. « Le seul commercial, c'est moi, explique son directeur. Maintenant, quand l'un de nos employés a un contact direct avec une entreprise et que celle-ci veut une plaquette, nous lui en donnons une pour qu'il la lui remette. » Ce qui pourrait expliquer, d'après lui, l'apparition de la fameuse documentation au collège. « Ce n'est pas mon type de procédé et, de toute façon, je ne prospecte plus sur Corbeil », continue le gérant. Contacté à de nombreuses reprises depuis trois jours, le maire UMP, Serge Dassault, n'a pas répondu à nos questions. Louise Colcombet (avec G.P. et A.V.) Le Parisien édition du samedi 19 juillet 2008