Inauguration de la 60ème foire de Corbeil-Essonnes.
Par Bruno Piriou le dimanche 7 septembre 2008, 10:13 - Corbeil-Essonnes - Lien permanent
Pour le coup, quelle foire!
Didier Cosson, ancien conseiller municipal de Serge Dassault et salarié de
la résidence Corbeil-Essonnoise de ce dernier, est déguisé en maître de
cérémonie chinois, au côté du représentant de l'ambassade de Chine. Le même
Didier Cosson qui accueillait le Dalai Lama, quelques semaines plus tôt au
temple bouddhiste à Evry. Peut-être tout cela n'est il que du
folklore.
Nous apprenons que, comme à l'habitude, le ministre annoncé ne sera
pas de la fête. De l'avis de l'un, il est attendu aux universités
d'été de l'UMP, de l'avis de l'autre, à une foire à la tomate.
Les fans de l'élection de miss Corbeil-Essonnes sont
tristes, pas de miss en vue. C'est pour moi une satisfaction, j'avoue un
profond malaise à la réédition de ce concours dans notre ville, qui plus est, à
l'occasion d'une foire commerciale. J'ai une toute autre idée de la femme que
celle qui consiste à l'exposer sur une tribune, afin de noter ses contours.
Quelle invention d'une civilisation qui ne marche même pas à reculons mais au
rythme de cerveaux déculturés! Quant à la beauté, si Edouard
Glissant a raison de dire qu'"elle n'est pas la splendeur du vrai, qu'elle est
et révèle dans une oeuvre ou un donné la force des différences qui dans le même
temps s'accomplissent et déjà prédisent leur relation à d'autres différences",
alors noter une oeuvre relève de la machination, quant à noter une
femme...
Serge Dassault refuse une nouvelle fois de me saluer mais fonce vers Manuel
Valls et surprise, le félicite..sur son dernier livre politique.
"Félicitaions Manuel, j'ai bien aimé ton livre, je suis
complètement d'accord avec toi". La gêne des uns et des autres passée, et
chacun réalise que les deux hommes politiques réclament la suppression de
l'impôt sur les grandes fortunes, la fermété pour les sans papiers, et toujours
plus de libéralisation du marché. Et là, chacun comprend mieux le malaise non
pas de la droite, mais de la gauche. Si effectivement, il faut la repenser, ce
n'est pas en courant derrière les idées de Nicolas Sarkozy, mais en comprenant
que pour qui s'intéresse à plus de justice, d'égalité et de fraternité, il n'y
a pas de troisième voie entre l'économie capitalisée et l'économie
sociabilisée. Voilà un bon sujet pour les congrès à venir du PS et du
PC.
J'ai alors tout fait pour que Jean-Michel Fritz, encore adjoint à la culture
et Serge Dassault, encore maire, prêtent une oreille attentive aux
parents d'élèves du conservatoire de musique venus distribuer
un tract intitulé "Nouvelle rafale de coups sur le conservatoire." Des classes
d'instruments ferment. Ils le savent puisque ce sont eux qui les ferment. Le
mépris l'a encore emporté. Ma colère aussi. En 2008, à Corbeil-Essonnes, les
édiles préfèrent les miss aux apprentis musiciens. Avec mes amis de La
VillEnsemble, je ferai tout pour empêcher une nouvelle réduction du service
public d'enseignement musical.
Le dragon est enfin prêt, le ruban peut être coupé. Nous voilà partis pour
parcourir cette nouvelle édition de la foire de Corbeil-Essonnes. Au bout de
quelques stands, ma conviction se confirme: il est temps de repenser notre
foire.
Biensûr le fois gras est excellent, les producteurs de vins toujours aussi
accueillants avec leur nouvelle cuvée. Mais à l'heure du développement durable,
je suis persuadé que nous avons tous les atouts pour faire évoluer
notre foire en un grand rendez-vous régional dédié aux écos-produits, aux
matériaux d'équipements de la maison à la pointe des économies d'énergies, à
des produits alimentaires issus de l'agriculture biologique.
En son temps, la foire de Corbeil-Essonnes faisait figure de modernité
commerciale. Aux élus d'aujourd'hui de lui redonner tout son sens en
accueillant de nouveaux exposants en prise avec les défis
contemporains.
Serge Dassault traverse au pas de course, si si, l'espace réservé aux
associations sportives. Il est vrai qu'à part leur demander de
ne pas inscrire plus d'adhérents, parce qu'il n'y a plus d'argent, il n'a rien
à leur dire. Il passe tout aussi vite devant l'espace
associatif, il n'a rien d'autre à leur dire que ce qu'il a dit aux
sportifs.
J'ai pris beaucoup de plaisir à m'attarder au stand des donneurs de
sang. Pas seulement pour bavarder mais pour donner mon sang.
Accueillis dans la maison Charlotte Ansard, ces militants de la vie débordent
de générosité. En plus, ils nous remercient alors que tout le mérite leur
revient. Si le mot gratuité a encore un sens, il le trouve dans cette action.
Je vous invite à faire de même et salue tous les bénévoles de cette association
ainsi que son dynamique président Bernard Métier.
Décidemment. Il y a beaucoup de choses à changer sur cette foire et dans
cette ville. Mon énergie est intacte pour m'y employer.
J'oubliais. Mon après-midi au festival de jazz de Boissy le
Cutté m'a permis de vérifier la vitalité de ce rendez vous artistique.
Après la prestation du Quartet bucal, j'ai pu m'entretenir avec l'une des
chanteuses Corbeil-Essonnoises. Elle m'a offert le premier disque de quatre
jeunes musiciens Corbeil-Essonnois. C'est tout plein de fraîcheur. Ils
s'appellent les Yenapas. C'est sur, avec La VillEnsemble, nous
réorganiserons, comme en janvier au palais des sports, une soirée de libre
expression artistique des musiciens Corbeil-Essonnois.
Contactez moi.
A plus.
