Succès du rassemblement des hôspitaliers du Sud Francilien.
Par Bruno Piriou le jeudi 18 septembre 2008, 18:28 - Corbeil-Essonnes - Lien permanent
Près de 200 personnels, infirmières, médecins, techniques, avec les représentants syndicaux se sont rassemblés ce jeudi après-midi devant l'hôpital Louise Michel à Courcouronnes. Ils exigent la suppression des mesures de privatisation de services, de réduction des lits, de non reconduction de contrats à durée déterminée. Ce rassemblement est décisif pour créer un rapport de force nécessaire à la défense du service public hospitalier. Une chirurgienne a notamment rappelé...
...que les élus avaient, eux, souvent les moyens de se faitre soigner dans
de bonnes conditions mais que cela ne devait pas les amener à prendre des
décisions allant à l'encontre de la qualité des soins pour tous.
Venu apporter mon soutien à cette manifestation, j'ai
rappelé qu'au delà des difficultés propres à notre hôpital, se posait la
question du devenir des services publics dans notre pays et plus
particulièrement de celui de la santé. Quand le gouvernement trouve les moyens
de réduire la fiscalité des plus aisés avec le bouclier fiscal, quand les
crédits vont prioritairement vers la finance au détriment de la création de
richesses, quand la bulle spéculative conduit à la chutte des valeurs
bancaires, nous avons bien à faire à des choix politiques.
J'ai rappelé que depuis dix ans, les deux hôpitaux de Corbeil-Essonnes et
Courcouronnes avaient d'abord fusionné pour réduire les coûts puis décidé de se
regrouper sur un site unique. Cette situation n'est que le fruit de décisions
politiques prises au conseil d'administration de l'hôpital. Il a bien fallu que
des élus votent pour.
C'est aussi ce que j'ai
rappelé à notre député Manuel Valls, lui aussi venu apporter son
soutien aux personnels. J'ai précisé qu'il ne suffisait pas pour les élus de
gauche, d'être dans la rue quand la droite privatise la santé publique et
qu'une fois au pouvoir, ils fassent la même politique. Ce à quoi notre député a
répondu que "cela était complexe et que les slogans ne suffisaient pas".
Certes, mais choisir la santé gratuite pour tous n'est pas plus un slogan que
la création en 1945 de la sécurité sociale. Au nom de quoi, ce qui fut possible
à la Libération ne le serait pas en 2008, quand l'énormité des masses
financières sert autre chose que la satisfaction des besoins.
Au delà de ce rassemblement indispensable et qui en appelle d'autres pour
contraindre le gouvernement à reculer, le débat politique à gauche sur ce que
doit être le service public aujourd'hui et son financement doit être l'affaire
de chacun. Voilà des questions à mettre au coeur des congrès des partis de
gauche à venir, plus passionnantes que les désolantes batailles de pouvoir et
d'ego.
Lundi prochain, à l'assemblée départementale, lors de
l'audition du nouveau préfet de l'Essonne, je ne manquerai pas de relayer les
exigences des personnels et usagers du service public de la santé.
