Il est d’abord utile de savoir que l’élection municipale de Montgeron (91) a été invalidée pour un discours du maire au personnel communal et la tenue de réunions de quartier, que celle d’Aulnay (93) l’est pour une affichette de dernière minute et que celle de Colmar (68) pour une lettre admettant la construction d’une mosquée.

L’écart de voix entre les deux listes dans ces trois communes se rapproche de celui de Corbeil-Essonnes, soit 170 voix.

En lisant la décision du tribunal pour Corbeil-Essonnes, vous constaterez qu’à Corbeil-Essonnes, quand le maire s’appelle Serge Dassault, il n’est pas illégal :

•* D’utiliser le bulletin municipal pour publier le bilan du maire trois mois avant le premier tour, de vanter dans des éditoriaux la bonne santé financière de la commune alors que la dite commune est sous surveillance budgétaire, que les dits éditoriaux devaient être supprimés conformément à la loi et aux engagements du maire, que la tribune de l’opposition a elle été supprimée et rétablie un mois avant le premier tour suite à une décision de justice. Page 5.

•* D’utiliser l’imprimerie municipale pour tirer du matériel de propagande électorale parce que le maire dit qu’elle n’existe plus quand bien même je transmets au tribunal les effectifs du dit service et le budget 2008 sur lequel il est écrit « imprimé par l’imprimerie municipale ». Page 5.

•* Qu’un promoteur, Promogerim, dont le dirigeant est lui-même conseiller municipal UMP dans une commune voisine, verse 13500 euros à une association dont il est avéré qu’elle a mené campagne pour Serge Dassault. Page 6.

•* Que le fichier électoral comporte des électeurs inscrits plusieurs fois et que c’est à bon droit que le préfet m’a refusé l’accès à la totalité des listes d’émargement et aux 300 procurations. Page 7.

•* Que Serge Dassault puisse faire diffuser un tract dont le commissaire du gouvernement reconnaît le caractère « injurieux et diffamatoire » et ce la veille du scrutin, de sorte que je n’ai pas eu les moyens matériels d’y répondre mais qu’ayant répondu à un autre tract, ne comportant lui aucun caractère injurieux, le tribunal considère que j’ai déjà répondu. Page 8.

•* Que la tête de liste que je suis ait été menacée de mort, que des colistiers aient été menacés, que des militants aient été agressés parce que le lien n’est pas établi entre ces faits et la campagne électorale, quand bien même la police nationale m’a recommandé une protection personnelle et que le tribunal reconnaisse que tout cela est « regrettable et condamnable ». Page 8.

•* Que Serge Dassault ait donné de son argent personnel à des électeurs, que cela ait été filmé par une équipe de journaliste, par France 2 et France 3, que Serge Dassault lui-même l’ait reconnu, mais que cela ne suffit pas à vicier 86 suffrages, quand chacun sait que cette pratique s’est déroulée à grande échelle. Page 9.

•* Que Serge Dassault finance la mosquée, s’engage à financer la maison du Portugal, la réfection des deux églises. Page 9.

•* Que Serge Dassault ait mené campagne le jour du deuxième tour du scrutin, alors que de nombreux témoignages en attestent, que nous avons produit des pièces prouvant l’organisation systématique d’une relance des électeurs le jour du scrutin, qu’il suffit au maire de déclarer fallacieux le document transmis au tribunal, document pourtant utilisé par des dizaines d’assesseurs du candidat maire, pour que le dit tribunal ne le reconnaisse pas. Page 10.

•* Que des militants de Serge Dassault fassent pression le jour du scrutin sur les électeurs devant les bureaux de vote, alors même que le tribunal reconnaisse que c’est « regrettable ». Page 11.

Devant une telle décision, comparée à celle des trois autres communes sus citées, je vais proposer à mes amis colistiers de faire appel de cette décision devant le Conseil d’Etat ainsi que celle consistant à ne pas valider nos comptes de campagne, ce qui peut me coûter 35000 euros et un an d’inéligibilité en tant que conseiller municipal.

Ces appels étant suspensifs, je donne rendez-vous aux Corbeil-Essonnois, lundi 13 octobre à 18heures 30 au prochain conseil municipal où je souhaite continuer à tenter d’être utile au devenir de Corbeil-Essonnes et de ses habitants.

Mes yeux restent tournés vers l’avenir.

Bien sincèrement.