Manifestation de soutien aux palestinien
Par Bruno Piriou le lundi 12 janvier 2009, 12:47 - Lien permanent
Mardi 13 janvier à 20h30 à la maison des associations
dans le parc chantemerle à Corbeil-Essonnes Bruno Piriou animera une réunion
avec des associations pour organiser des actions locales de soutien au peuple
palestinien.
Editorial par Patrick Le Hyaric
Gaza. Arrêtez ce carnage ! De prison à ciel ouvert, les faucons israéliens veulent transformer Gaza en un immense tombeau : celui de ses habitants et d’enfants innocents, mais aussi celui de l’idée même d’un État palestinien. Ce déchaînement de fer et de feu semant le sang, la mort, la désolation n’a été possible que par la complicité des grands de ce monde. Les guerriers de la Maison-Blanche ont rejeté avant-hier un projet de résolution à l’ONU réclamant un cessez-le-feu. La présidence de l’Union européenne a osé cette ignominie en qualifiant l’entrée des chars dans Gaza d’« opération défensive ». Dans ces conditions, le déplacement d’une délégation européenne à Jérusalem ne sera qu’une triste farce tant que ces dirigeants n’exigeront pas l’arrêt des massacres. Ils pourraient être entendus. Il faudrait pour cela suspendre l’accord d’association avec Israël.
Le déplacement de M. Sarkozy aujourd’hui dans plusieurs capitales du Proche-Orient vient bien tard, puisque le sang et les larmes coulent depuis dix jours déjà à Gaza. Plus inquiétant, Mme Livni, qu’il a reçue la semaine dernière, a révélé qu’il y avait concordance de vues entre l’Élysée et Tel-Aviv. Cependant, si les mobilisations pour la paix des derniers jours poussent le président de la République à une réorientation politique visant à éteindre les flammes de cette guerre, le soutien des démocrates et des partisans de la paix lui serait acquis.
Si son voyage n’a pour objectif que de se mettre en scène pendant que se commet un véritable crime contre un peuple, il se déconsidérera aux yeux des peuples arabes, mais aussi des démocrates du monde entier, par-delà les opinions politiques et religieuses. Il doit donc parler clair et ferme à l’endroit des dirigeants israéliens : la sécurité d’Israël passe par l’existence d’un État palestinien. À l’origine, son déplacement était destiné à féliciter les casques bleus français du Liban. Qu’il fasse donc valoir une proposition de force internationale de protection et d’intervention de même nature au long de la frontière de la bande de Gaza sous l’égide de l’ONU.
Les initiatives, pour faire immédiatement cesser cette guerre, doivent donc se démultiplier sur tous les terrains, dans les mobilisations populaires et avec la persévérance de l’Organisation des nations unies.
Il n’y a aucune illusion à se faire sur les véritables motivations israéliennes. Bien avant l’existence du Hamas, ils ont rejeté toutes les propositions de paix sur la base du droit international. Ils agissent pour la défaite complète du peuple palestinien et de sa demande d’un État dans les frontières de 1967. Lors du retrait de Gaza en 2005, le conseiller de M. Sharon a été sans ambiguïté, expliquant : « Le désengagement, c’est du formol en réalité. Il fournit la quantité de formol qui est nécessaire pour qu’il n’y ait pas de processus politique avec les Palestiniens… L’ensemble de ce paquet que l’on appelle l’État palestinien a été retiré de notre ordre du jour indéfiniment. » Voilà qui est tristement clair !
En vérité, le Hamas sert pour diviser le peuple palestinien. Et comble du
cynisme et de la férocité, les cadavres palestiniens servent la campagne
législative israélienne. Voilà qui donne une importance politique de premier
ordre à l’appel courageux de Marwan Barghouti, qui, depuis sa geôle
israélienne, appelle à l’unité et à la réconciliation nationale palestinienne.
Cette unité nécessaire, combinée à l’amplification des importantes
mobilisations de samedi dernier, pour exiger une paix juste et durable sur la
base des résolutions de l’ONU, pèse déjà sur des gouvernements, contraints
désormais de se bouger. Mais il ne faudrait pas que des gesticulations
médiatisées ne servent au pouvoir israélien qu’à gagner du temps pour terminer
sa sale besogne. Paix maintenant ! 

