Dans le cadre de l'opération « Un avion pour la paix »nous sommes allés en Palestine et en Israël du 10 au 15 avril,à l'initiative de l'association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) et de l'association des villes françaises jumelées avec des camps de réfugiés (AJPF) . Nous étions 108, pour la plupart des élus de toute la France, du conseiller municipal au sénateur. De très nombreux jeunes élus, des maires, Mais aussi des responsables d'associations, de syndicats, des journalistes et le cinéaste Robert Guédiguian. Je suis très ému par ce voyage surtout par le constat de cette injustice quotidienne. Comme promis à Millad, jeune réfugié palestinien qui m'a dit ceci « Abdel la seule exigence que j'ai vis à vis de toi c'est de témoigner de ce que tu as vus ici, c'est tout » je vous livre donc mon témoignage.

Devant les difficultés de se rendre à Gaza, notre mission « Passeurs de Paix » s'est concentrée sur les localités de Jérusalem, Ramallah, Nazareth ainsi que la visite des camps de réfugiés. Après s'être rendus à la tombe du défunt président Yasser Arafat, Prix Nobel de la Paix, des rencontres ont eu lieu avec l'Autorité Palestinienne, au siège même de la Mokataa.

Les Palestiniens rencontrés dans les camps de réfugiés, comme ailleurs dans les municipalités, ou devant les maisons menacées de destruction par les colons, ou même dans la rue, nous ont dit tous l'importance que revêtait pour eux la venue de cette délégation. Nous avons notamment eu l'occasion de dialoguer avec l'ensemble des forces de paix israéliennes, à la Knesset et ailleurs avec notamment une rencontre très riche d'enseignement avec Michel Warchawski, militant pacifiste lors de la Visite de la colonie de Maale Adoumim ou celui ci nous à présenté la stratégie du "gruyère" employé par l'Etat d'Israël à savoir la continuité territoriale israélienne sur l'ensemble du territoire de la mer méditerranée au Jourdain avec des enclaves palestiniennes ou plutôt des réserves à l'identique de l'injustice qu'a vécue et que vit toujours à ce jour les indiens d'Amérique avec en plus « un mur de séparation , des prisons à ciel ouvert".Nous avons eu plusieurs autres rencontres avec des élu-e-s et des membres de la société civile palestinienne et israélienne, des responsables de camps de réfugiés palestiniens, ceux du croissant rouge palestinien, et des associations de femmes palestiniennes dont je profite pour rendre grand hommage au travers des femmes palestiennes, à toutes les femmes pour leur courage et détermination dans l'espoir, et la VIE.

Lors des ces rencontres nous avons remis, en particulier, à Mme Denise Hamouri, la maman du jeune prisonnier franco-palestinien Salah Hamouri, une lettre où nous exprimons toute notre solidarité à Salah, qui vit une situation intolérable depuis 4 ans. Voici un extrait de notre courrier : « en cette date anniversaire de vos 24 ans, nous vous témoignons notre soutien, notre solidarité envers vous et vos proches, particulièrement votre maman, Denise Hamouri. Nous imaginons la difficulté de votre quotidien aujourd'hui, les dures conditions de détention et le sentiment d'injustice que vous pouvez ressentir. Dans cette épreuve, nous vous assurons que de nombreux citoyens et les élus, militants ne vous oublient pas. ». C'est pourquoi, nous souhaitons profiter de l'occasion de ce voyage pour interpeller l'opinion en dénonçant l'injustice qui affecte Salah et mobiliser les citoyens et les élus pour demander justice. Nous souhaitons que la France soit partie prenante dans la volonté de le faire libérer.

A l'issue de cette délégation, de nombreux projets de coopération seront développés, je l'espère, des débats seront organisés pour faire du respect du droit international une question incontournable du débat politique français et européen.

Toutes les personnes que nous avons rencontrées, nous demandent surtout de peser sur les rapports de force internationaux, sur les gouvernements, dont celui de la France et de l'Union Européenne, pour mettre fin à 60 ans d'occupation brutale, d'oppression, d'expulsions, de violence, et avancer vers un règlement politique pour une paix juste et durable pour un état palestinien viable aux côtés de celui d'Israël.

Notre séjour en Palestine nous permet de témoigner de la réalité contre le peuple palestinien. C'est la mise en oeuvre de la « stratégie du Gruyère », d'une idéologie de haine et d'arrogance dont la finalité est d'offrir aux palestiniens la colonisation, la déportation dans des réserves ou vers la mort.

Nous voulons témoigner pour que personne ne puisse dire un jour « JE NE SAVAIS PAS ! ». Nous sommes convaincus que la paix est possible mais que les instances internationales et nos gouvernements ont démissionné. Il est difficile de supporter les discours hypocrites renvoyant dos à dos agresseurs et agressés en refusant d'entendre l'appel au secours du peuple palestinien qui demande de toute urgence une force internationale de protection. Nous devons exiger le retrait immédiat de l'armée d'occupation et le respect du droit international et des conventions qui protègent les populations en danger. Les couvre-feux, les check point (barrages militaires) les interdictions de circuler librement, Nous devons exiger l'arrêt immédiat des accords économiques et commerciaux avec Israël. Nous pouvons témoigner du courage et du désir de paix des palestiniens que nous avons rencontrés.

Et surtout je, nous ne pourrons pas oublier tous les Palestiniennes et Palestiniens dont la résistance est un immense message d'espoir.

Arafat disait "Nous ne demandons qu'un petit bout de la terre où nous sommes nés pour la paix de nos enfants palestiniens et des enfants israéliens". A QUAND CE JOUR ?...

A JERUSALEM Le 14 avril 2009.