Il était entré dans la campagne des municipales partielles par la grande porte, dégainant sa candidature en juin au nez et à la barbe du maire UMP invalidé Serge Dassault. Un mois plus tard, il en sort par la petite, par le biais d’un communiqué rédigé samedi au milieu des vacances, après une semaine de silence. Xavier Dugoin, actuel maire (app.

UMP) de Mennecy, ne briguera finalement pas l’écharpe tricolore de la grosse ville voisine de Corbeil. Le 3 juillet, pourtant, l’ex-président RPR du département indiquait vouloir mener sa liste, avec ou sans l’accord de son parti. Pourquoi cette volte-face ? Serge Dassault « a souhaité que le ou la candidate qui conduira sa liste soit directement issu de Corbeil », argumentait-il samedi. Certes. Mais il ne s’agit pas d’un paramètre nouveau. L’industriel déclaré inéligible pour des dons d’argent a toujours été clair : il compte rester le patron de son camp et donc pas question pour lui d’adouber son encombrant voisin de Mennecy qui n’a pas le profil d’un homme à qui dicter des consignes. En coulisse, tout s’est en fait accéléré le 11 juillet. Serge Dassault demande à Xavier Dugoin de se retirer. Ce dernier conscient « d’avoir un mur en face de lui » et de ne pas être en mesure de gagner « contre » Dassault et la direction nationale de l’UMP pose ses conditions. Selon Dugoin, les discussions entre les deux hommes ont « duré toute la semaine ». Parmi les points abordés : les élections… cantonales ! Xavier Dugoin négocie ainsi le soutien de Serge Dassault pour défier le conseiller général PC Bruno Piriou sur Corbeil-Ouest en 2011. « Un beau challenge face à quelqu’un qui a fait plus de 65 % en 2004 », se réjouit Xavier Dugoin.

« Ces petits arrangements contribuent à discréditer la vie politique »

Une manière aussi d’officialiser son intérêt grandissant pour Corbeil où le maire de Mennecy risque de passer de plus en plus de temps, quitte à se « fâcher » avec ses propres électeurs. « Dès le 15 août, je serai en campagne pour soutenir le candidat de Serge Dassault et j’ouvrirai une permanence, peut-être aux Tarterêts, en septembre-octobre. » Une situation qui semble satisfaire Serge Dassault : « Une liste en plus ne pouvait que nous affaiblir. Xavier Dugoin nous donnera des conseils s’il le souhaite. » A gauche, bien sûr, la lecture des faits est différente. « Ce mercato politique est à mille lieux des attentes des habitants, réagit Bruno Piriou. Ces petits arrangements contribuent à discréditer la vie politique. » En attendant, à deux mois des partielles, la droite se retrouve provisoirement sans candidat. Xavier Dugoin, lui, va peut-être profiter de cette péripétie pour récupérer un petit objet qu’il attend depuis un an : sa carte UMP. Xavier Dugoin poursuivrait alors sa tentative de « résurrection politique » après être passé par la case prison pour des affaires politico-financières. En 2011, il pourrait être ainsi candidat pour devenir conseiller général et/ou sénateur. Deux postes qu’il occupait avant sa chute à la fin des années 1990…

 Le Parisien| Grégory Plouviez |