Face au système Dassault condamné par la plus haute juridiction administrative de l’Etat, au terme d’un acharnement juridique du maire sortant, quel intérêt politique y avait-il à ce que le candidat socialiste largement battu en 2008 et le candidat vert allié à la VillEnsemble en 2008, se présentent au premier tour ? Cela n’a en rien permis d’élargir le rassemblement. Au contraire, cette division a crée de la colère, de l‘amertume et de l’abstention.

La politique n’est pas un jeu. Elle détermine lors des élections, des débats et des actions les conditions d’existence des citoyens. Quand la justice elle-même, par les mots du rapporteur public au conseil d’Etat lors de séance du 25 mars 2009, qualifie les pratiques de Serge Dassault de

« dons d'argent...qui a nécessairement pour objet, à l'approche des élections, de faire pression sur les électeurs. En l'occurence, le carctère multiforme des pratiques attestées par les témoignages, la diversité des situations où les dons se sont produits et la variété des populations concernées conduisent à la conclusion que LE SYSTEME DE DONS EN ARGENT EST LARGE ET SANS DOUTE BIEN ANCRE, et qu'il a connu une vigueur particulière dans la période précédant les élections."

alors, battre un tel système nécessite dès le premier tour l’union des forces de gauche. Le fait que la liste conduite par Michel Nouaille soit arrivée en tête du premier tour confirme sa légitimité comme elle l'était par le fait que nous avions mené et financé le recours et que la liste la VillEnsemble était arrivée en tête en mars 2008.

Au-delà des egos, cette division traduit aussi des divergences au sein même des forces de gauche sur les enjeux locaux mais aussi sur les enjeux nationaux.

Depuis plus de 20 ans, la gauche se cherche de nouveaux repères.

Depuis 15 ans, j’ai pu expérimenter avec mes amis communistes que la construction de projets pour une ville, un territoire, du local au global, ne pouvait se prétendre de la défense de l’intérêt génértal que s’il elle était élaborée démocratiquement. C’est cette conviction qui a fait naître en 2001 Génération citoyenne et en 2007 la VillEnsemble. L’utilité des forces politiques doit être au service de l’expression des besoins particuliers et généraux. C’est cela qui fait le vivre ensemble.

C’est de ce côté qu’il faut chercher le renouvellement d’un projet pour la gauche à tous les échelons. Cette pratique donne des résultats puique c’est elle qui depuis plusieurs années à Corbeil-Essonnes, donne la possibilité à des centaines de citoyens de se mêler de la chose publique, d’être acteurs de leur devenir. A deux reprises, elle a placée nos listes en tête de la gauche au premier tour des municipales. Cette pratique met aussi en lumière des divergences avec les responsables socialistes à Corbeil-Essonnes. Leur responsable, Carlos Da Silva, qui lui même déclare se situer à la droite du Parti socialiste, a, avec son mentor le député de la circonscription, Manuel Valls, abandonné toute ambition de transfomer en profondeur notre société. La concurrence érigée en règle indépassable pour structurer les rapports entre les humains semble ne pas trop les contrarier.

Ainsi est-il logique pour eux que les territoires , les villes, les agglomérations, les régions, les pays , l’Europe vis à vis des autres continents, soient en concurrence.

Qu’une équipe ancrée à gauche, passionnée par les pratiques démocratiques , en soif d'innovation dans tous les domaines de l’émancipation humaine puisse gérer l’une des communes les plus importantes de l’Essonne, qui plus est dans la circonscription de ce même député, voilà qui n’est pas qu’une question d’égo mais bien une question politique.

Aux yeux du député et de son suppléant, cela suffit à justifier la désunion au premier tour. Cela justifie aussi des arrangements comme l’élection de Carlos Da Silva, vendredi 23 septembre lors du conseil municipal, au titre de conseiller communautaitre de l’agglomération Seine Essonne, aux côtés des élus UMP.

Un mot sur cette élection. Depuis l’existence de l’agglomération, Serge Dassault n’a jamais accepté qu’un élu de l’opposition siège dans cette instance. Qu’a-t-il pu se passer pour que cette fois, il l’accepte ?

Une chose est sûre : il s’agit bien d’un accord passé entre le nouveau maire UMP et le conseiller municipal socialiste. Les esprits curieux se demanderont quand un tel accord a t’il pu être passé, avant ou après le deuxième tour ? Une chose est sûre, à la relecture du tract distribué par le candidat socialiste entre les deux tours, ci-joint en lien permanent,-lettre_2tour.PDF , sa détermination a faire gagner la liste de gauche au second tour n’est pas évidente. De là à ce que Jean-Pierre Bechter ait voulu le remercier…

Cette élection n’est pas sans rappeler celle de Manuel Valls à la tête de l’agglomération d’Evry avec la voix du maire UMP de Courcouronnes. CQFD, quand la logique de concurrence entre les territoires l’emporte sur la démocratie, les contenus des projets émancipateurs pour les communes et les agglomérations, alors les passerelles entre certains élus socialistes et l’UMP sont étroites. Je me situe à des années lumières de cette conception de la politique et je me fais une toute autre idée de ce que doit être la gauche.

Le score réalisé par Michel Nouaille et la liste « Corbeil-Essonnes c’est vous », et le rassemblement du deuxième tour constituent une base solide pour continuer à explorer le champ de l’élabotation citoyenne d’un projet émancipateur pour Corbeil-Essonnes. Ces résultats demeurent encourageants pour l'avenir.

Si le recours que nous avons déposé à plusieurs voix devant le tribunal administratif est pleinement justifié, je reste persuadé que sans une analyse sérieuse de ce qu'est le système Dassault et sans repenser la nature du rassemblement à opérer, la seule addition de recours contentieux ne suffiront pas à mettre un terme à ce système. je voudrai donc revenir sur ce que l’on appelle le système Dassault, maintenant connu de la France entière.

L’ors de ces dernières municipales, la gauche arrive en tête dans 11 bureaux de vote sur 23. Certains bureaux connus pour voter à droite, rejettent aujourd’hui majoritairement la politique de Serge Dassault. Que faut-il alors penser du résultat des quatre bureaux de vote des Tarterêts qui placent en tête de près de 180 voix, la doite UMP ?

Biensûr l’on peut habiter un quartier populaire et voter à droite. Là n’est pas le débat. Mais que se passe t’il dans ce quartier- ce n'est pas le seul où le système sévit mais ici il y est particulièrement performant- qui lors des élections cantonales, législatives ou présidentielles votent à plus de 70% à gauche et aux municipales à plus de 50% à droite pour Serge Dassault et son candidat ?

Ce n’est surement pas pour saluer la baisse des services publics, de la petite enfance, des centres de vacances, des loisirs et de la culture, des cantines scolaires ? En plus de 15 ans de temps, Serge Dassault y a crée ce que l’on appele donc un système. Un système fait d’aides personnelles de Serge Dassault, ici à la création d’une petite entreprise, là à l'installation d'un commerce, ailleurs au paiment de dettes de loyers, ici encore au financement d'une association, qui fait qu'au total, le nombre de familles dans le quartier qui plus ou moins directement bénéficie de cet argent est considérable et de nature à faire basculer l'élection. Le même maire qui est responsable de la détérioration des finances de la commune, de la casse des services publics, de l'absence de démocratie bénéficie du vote de celles et ceux qui souffrent le plus de cette politique mais qui par ailleurs profitent de ses finances. A Corbeil-Essonnes, le clientélisme est érigé en modèle de fonctionnement de la société. Si nous avons la prétention, avec mes amis communistes, ceux de l'association La VillEnsemble, de LO, du NPA, du PG, de servir de laboratoire à une nouvelle pratique politique à gauche, Corbeil-Essonnes sert de laboratoire à l'UMP pour penser une société où ce ne sont plus les valeurs de la République, liberté, égalité et fraternité qui fondent les rapports sociaux, mais la loi d'un élu souverain, (ici dans une commune, là à la tête du pays), faîte de services privés rendus, de favoritisme, avec comme le dit le président Sarkozy, "la concurrence qui coule entre les veines". Dans cette société, que le meilleur gagne, non pas en fonction de sa créativité et de sa générosité mais en fonction de sa puissance, la raison du plus fort demeurant toujours celle du plus fort.
Qu'avec un tel système et des sommes personnelles engagées à un niveau qui dépasse l'entendement, Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter n'aient gagné que de 27 voix confirme qu'un tel système peut être battu. Cela demande de penser et de mettre en mouvement une toute autre façon de faire de la politique à gauche dans les quartiers où se concentrent le plus de difficltés sociales et où le système Dassault sévit le plus, et cela demande de créer les conditions d'un rassemblement beaucoup plus large, à gauche et avec celles et ceux, républicains et démocrates qui se font une toute autre idée de ce que peut être le vivre ensemble, émancipateur pour chacun et pour tous.

C'est à ce travail que je vais m'ateller avec mes amis, dès mon retour de Palestine, le 10 novembre prochain.