RETOUR SUR LES MUNICIPALES DE CORBEIL-ESSONNES.
Par Bruno Piriou le mardi 27 octobre 2009, 17:20 - Corbeil-Essonnes - Lien permanent
Retour sur les municipales de Corbeil-Essonnes
Pour la deuxième fois en moins de deux ans, il s’est est fallu de peu pour
que la gauche, les démocrates et les républicains l’emportent à
Corbeil-Essonnes, face à Serge Dassault et à son système, représenté à
l’occasion de cette partielle par Jean-Pierre Bechter.
170 voix d’écart en mars 2008, 27 cette fois-ci.
Ma déception vaut tout autant pour le devenir de cette ville que pour les
Corbeil-Essonnois qui subissent les conséquences de la politique de l’UMP, de
la baisse des services publics à la régression sociale, économique,
commerciale, environnementale, sportive et culturelle.
A deux reprises donc, la droite de Serge Dassault l’emporte alors que le total des voix de gauche du premier tour est supérieur à 50%. Force est de contaster que la division des forces de gauche au premier tour a une nouvelle fois desservi la victoire.
Face au système Dassault condamné par la plus haute juridiction
administrative de l’Etat, au terme d’un acharnement juridique du maire sortant,
quel intérêt politique y avait-il à ce que le candidat socialiste largement
battu en 2008 et le candidat vert allié à la VillEnsemble en 2008, se
présentent au premier tour ? Cela n’a en rien permis d’élargir le
rassemblement. Au contraire, cette division a crée de la colère, de l‘amertume
et de l’abstention.
La politique n’est pas un jeu. Elle détermine lors des
élections, des débats et des actions les conditions d’existence des citoyens.
Quand la justice elle-même, par les mots du rapporteur public au conseil d’Etat
lors de séance du 25 mars 2009, qualifie les pratiques de Serge Dassault
de
« dons d'argent...qui a nécessairement pour objet, à l'approche des
élections, de faire pression sur les électeurs. En l'occurence, le carctère
multiforme des pratiques attestées par les témoignages, la diversité des
situations où les dons se sont produits et la variété des populations
concernées conduisent à la conclusion que LE SYSTEME DE DONS EN ARGENT EST
LARGE ET SANS DOUTE BIEN ANCRE, et qu'il a connu une vigueur particulière dans
la période précédant les élections."
alors, battre un tel système nécessite dès le premier tour l’union des
forces de gauche. Le fait que la liste conduite par Michel Nouaille soit
arrivée en tête du premier tour confirme sa légitimité comme elle l'était par
le fait que nous avions mené et financé le recours et que la liste la
VillEnsemble était arrivée en tête en mars 2008.
Au-delà des egos, cette division traduit aussi des divergences au
sein même des forces de gauche sur les enjeux locaux mais aussi sur les enjeux
nationaux.
Depuis plus de 20 ans, la gauche se cherche de nouveaux repères.
Depuis 15 ans, j’ai pu expérimenter avec mes amis communistes que la
construction de projets pour une ville, un territoire, du local au global, ne
pouvait se prétendre de la défense de l’intérêt génértal que s’il elle était
élaborée démocratiquement. C’est cette conviction qui a fait naître en 2001
Génération citoyenne et en 2007 la VillEnsemble. L’utilité des forces
politiques doit être au service de l’expression des besoins particuliers et
généraux. C’est cela qui fait le vivre ensemble.
C’est de ce côté qu’il faut chercher le renouvellement d’un projet pour la
gauche à tous les échelons. Cette pratique donne des résultats puique c’est
elle qui depuis plusieurs années à Corbeil-Essonnes, donne la possibilité à des
centaines de citoyens de se mêler de la chose publique, d’être acteurs de leur
devenir. A deux reprises, elle a placée nos listes en tête de la gauche au
premier tour des municipales. Cette pratique met aussi en lumière des
divergences avec les responsables socialistes à Corbeil-Essonnes. Leur
responsable, Carlos Da Silva, qui lui même déclare se situer à la droite du
Parti socialiste, a, avec son mentor le député de la circonscription, Manuel
Valls, abandonné toute ambition de transfomer en profondeur notre société. La
concurrence érigée en règle indépassable pour structurer les rapports entre les
humains semble ne pas trop les contrarier.
Ainsi est-il logique pour eux que les territoires , les villes, les
agglomérations, les régions, les pays , l’Europe vis à vis des autres
continents, soient en concurrence.
Qu’une équipe ancrée à gauche, passionnée par les pratiques démocratiques ,
en soif d'innovation dans tous les domaines de l’émancipation humaine puisse
gérer l’une des communes les plus importantes de l’Essonne, qui plus est dans
la circonscription de ce même député, voilà qui n’est pas qu’une question d’égo
mais bien une question politique.
Aux yeux du député et de son suppléant, cela suffit à justifier la désunion
au premier tour. Cela justifie aussi des arrangements comme l’élection de
Carlos Da Silva, vendredi 23 septembre lors du conseil municipal, au titre de
conseiller communautaitre de l’agglomération Seine Essonne, aux côtés des élus
UMP.
Un mot sur cette élection. Depuis l’existence de
l’agglomération, Serge Dassault n’a jamais accepté qu’un élu de l’opposition
siège dans cette instance. Qu’a-t-il pu se passer pour que cette fois, il
l’accepte ?
Une chose est sûre : il s’agit bien d’un accord passé entre le nouveau
maire UMP et le conseiller municipal socialiste. Les esprits curieux se
demanderont quand un tel accord a t’il pu être passé, avant ou après le
deuxième tour ? Une chose est sûre, à la relecture du tract distribué par
le candidat socialiste entre les deux tours, ci-joint en lien
permanent,-lettre_2tour.PDF , sa
détermination a faire gagner la liste de gauche au second tour n’est pas
évidente. De là à ce que Jean-Pierre Bechter ait voulu le remercier…
Cette élection n’est pas sans rappeler celle de Manuel Valls à la tête de
l’agglomération d’Evry avec la voix du maire UMP de Courcouronnes. CQFD, quand
la logique de concurrence entre les territoires l’emporte sur la démocratie,
les contenus des projets émancipateurs pour les communes et les agglomérations,
alors les passerelles entre certains élus socialistes et l’UMP sont étroites.
Je me situe à des années lumières de cette conception de la politique et je me
fais une toute autre idée de ce que doit être la gauche.
Le score réalisé par Michel Nouaille et la liste « Corbeil-Essonnes
c’est vous », et le rassemblement du deuxième tour constituent une base solide
pour continuer à explorer le champ de l’élabotation citoyenne d’un projet
émancipateur pour Corbeil-Essonnes. Ces résultats demeurent encourageants pour
l'avenir.
Si le recours que nous avons déposé à plusieurs voix devant le tribunal
administratif est pleinement justifié, je reste persuadé que sans une analyse
sérieuse de ce qu'est le système Dassault et sans repenser la nature du
rassemblement à opérer, la seule addition de recours contentieux ne suffiront
pas à mettre un terme à ce système. je voudrai donc revenir sur ce que l’on
appelle le système Dassault, maintenant connu de la France entière.
L’ors de ces dernières municipales, la gauche arrive en tête dans 11 bureaux
de vote sur 23. Certains bureaux connus pour voter à droite, rejettent
aujourd’hui majoritairement la politique de Serge Dassault. Que faut-il alors
penser du résultat des quatre bureaux de vote des Tarterêts qui placent en tête
de près de 180 voix, la doite UMP ?
Biensûr l’on peut habiter un quartier populaire et voter à droite. Là n’est
pas le débat. Mais que se passe t’il dans ce quartier- ce n'est pas le seul où
le système sévit mais ici il y est particulièrement performant- qui lors des
élections cantonales, législatives ou présidentielles votent à plus de 70% à
gauche et aux municipales à plus de 50% à droite pour Serge Dassault et son
candidat ?
Ce n’est surement pas pour saluer la baisse des services publics, de la
petite enfance, des centres de vacances, des loisirs et de la culture, des
cantines scolaires ? En plus de 15 ans de temps, Serge Dassault y a crée
ce que l’on appele donc un système. Un système fait d’aides personnelles de
Serge Dassault, ici à la création d’une petite entreprise, là à l'installation
d'un commerce, ailleurs au paiment de dettes de loyers, ici encore au
financement d'une association, qui fait qu'au total, le nombre de familles dans
le quartier qui plus ou moins directement bénéficie de cet argent est
considérable et de nature à faire basculer l'élection. Le même maire qui est
responsable de la détérioration des finances de la commune, de la casse des
services publics, de l'absence de démocratie bénéficie du vote de celles et
ceux qui souffrent le plus de cette politique mais qui par ailleurs profitent
de ses finances. A Corbeil-Essonnes, le clientélisme est érigé en modèle de
fonctionnement de la société. Si nous avons la prétention, avec mes amis
communistes, ceux de l'association La VillEnsemble, de LO, du NPA, du PG, de
servir de laboratoire à une nouvelle pratique politique à gauche,
Corbeil-Essonnes sert de laboratoire à l'UMP pour penser une société où ce ne
sont plus les valeurs de la République, liberté, égalité et fraternité qui
fondent les rapports sociaux, mais la loi d'un élu souverain, (ici dans une
commune, là à la tête du pays), faîte de services privés rendus, de
favoritisme, avec comme le dit le président Sarkozy, "la concurrence qui coule
entre les veines". Dans cette société, que le meilleur gagne, non pas en
fonction de sa créativité et de sa générosité mais en fonction de sa puissance,
la raison du plus fort demeurant toujours celle du plus fort.
Qu'avec un tel système et des sommes personnelles engagées à un niveau qui
dépasse l'entendement, Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter n'aient gagné que
de 27 voix confirme qu'un tel système peut être battu. Cela demande de penser
et de mettre en mouvement une toute autre façon de faire de la politique à
gauche dans les quartiers où se concentrent le plus de difficltés sociales et
où le système Dassault sévit le plus, et cela demande de créer les conditions
d'un rassemblement beaucoup plus large, à gauche et avec celles et ceux,
républicains et démocrates qui se font une toute autre idée de ce que peut être
le vivre ensemble, émancipateur pour chacun et pour tous.
C'est à ce travail que je vais m'ateller avec mes amis, dès mon retour de Palestine, le 10 novembre prochain.