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Nous retrouvons devant le bureau de l'organisation des réfugiés de l'ONU, très discrètement, presque dans la rue, les anciens élus de Khan Younis, destitués il y a plus d'un an par le Hamas.
Cette rencontre est très émouvante puisque ces responsables sont toujours là mais sans aucun pouvoir et menacés. Ils nous disent qu'aujourd'hui le Hamas contrôle tout mais que l'aide arrive malgré tout aux associations. Ils sont très heureux de nous rencontrer et en même temps doivent rester discrets.
Nous les retrouverons dans la semaine car ils souhaitent nous parler plus longuement avant notre départ.
Commence au sein de la délégation Française le débat si nous devons rencontrer le maire installé par le Hamas, mais précission de taille, le Hamas a été élu en janvier2006.
Nous avons en tête ce que nous a dit le représenatnt de l'ONU, "le Hamas ce c'est pas les talibans". Attention à la campagne de désinformation qui permet de stigmatiser les Palestiniens et de les faire tous passer pour des terroristes. Après c'est clair, la charte du Hamas est explicite. Elle est consultable sur Internet.
Cela se voit dans les rues, le port du voile est systématique, la bourqa se répand, il n'y a pas une goutte d'alcool dans toute la bande de Gaza, la démocratie n'est plus de mise à l'image du refus du Hamas d'organiser les élections de janvier prochain dans la bande de Gaza, ici l'autorité Palestinienne c'est le Hamas. A la fois la sécurité est assurée mais vraiment assurée. C'est comme une pression qui se fait de plus en plus sentir. Dans le même temps, au quotidien, ce qui l'emporte, c'est la vie avec une grande force d'envie de vivre, de reconstruire.


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Les avis divergent au sein de la délégation. L'emporte l'idée qu'il faut proposer au maire de nous rencontrer pour plusieurs raisons

  • Le Hamas a gagné les élections,


  • Participer à l'isolement du Hamas qui ne sont pas les talibans, ne servira pas les projets de coopération en cours et à venir pour la société civile,


  • Rencontrer le maire nous fera mieux comprendre la réalité de ce qui passe à Gaza,


  • rencontrer les autorités est aussi l'occasion de faire passer certaines de nos idées sur l'utilité d'échanges avec le peuple Palestinien, quelque soit le pouvoir en place,


Quelques instants plus tard, nous sommes reçu par le maire de Khan Younis.
Voilà quelques uns de ses propos:


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__ Le maire de Khan Younis, Mohammed J. Abd El Khaled El Farra.__

« Je suis impatient que la coopération reprenne. Nous sommes prêt à soutenir l’action pour que l’aide parvienne à ceux qui en ont besoin. Nous sommes intéressés par la coopération, loin de tout intérêt politique. Les hommes sont libres de leurs choix politiques. Mais la population meurtrie a besoin d’aide. Nous sommes prêts à soutenir vos projets au grand jour ou de manière moins visible, comme vous le souhaitez. Merci de votre aide. Important pour nous de voir à la télévision les manifestants français. Besoin d’aides en assainissement. L’eau du puit impropre à la consommation humaine. Nous pourrions faire un jardin pour les enfants. Ils souffrent de la guerre. »

Le maire nous fait remarquer qu'au mur figure tout à la fois le portrait de Yasser Arafat et du premier ministre de Gaza, Ismael Hanyeu.

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Il dit au passage que son directeur des services est au Fatah. Au final, nous avons rencontrer un maire soucieux de réussir le développement de sa commune, de satisfaire la multitude de besoins. Il est rester prudemment sur le terrain de la coopération et nous n'avons à aucun moment discuter des enjeux politiques.


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Ensuite nous allons dans un centre géré par des femmes d'aide aux femmes et à l'enfance.


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Quel accueil!

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Des chants, de la danse hip hop Palestinienne, une envie de communiquer immense, comme si le plus dur du blocus n'éatit pas le manque de matériaux ou de denrées mais l'absence de liens humains, intellectuels, culturels, affectifs avec l'extérieur.

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Les animateurs expliquent comment le théâtre est un moyen d'aider les enfants à éliminer leurs peus après la guerre, en les aidant à parler. On a vérifié, ça marche.
Nous marchons une heure dans Khan Younis. Nous apercevons une école. Nous proposons de rentrer et là malgré nous, nous provoquons une émeute. Des centaines d'enfants courrent vers nous. Il faudra 10 minutes aux enseignants pour calmer ces enfants tous désireux de nous saluer et de se faire photographier.


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Ensuire nous organisons une rencontre non prévue avec les organisations politiques opposées au Hamas, dans ce qui ressemble à un petit local politique dans le coeur commerçant de Khan Younis.


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Compte rendu:
"Nous n’oublierons jamais la position Française par apport à notre cause. La France qui a accueilli Arafat, nous ne l’oublierons jamais. Des dizaines de familles sans abri suite à la guerre barbare. Fiers de notre relation avec la gauche et les démocrates Français.

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La souffrance Palestinienne s’étend aussi à la Cisjordanie. Le monstre dévore nos terrains. Les Israéliens cassent tout espoir d’avoir un Etat Palestinien avec Jérusalem pour capitale. Netanayun veut tordre le bras d’Obama. Nous attendons une position Européenne. Au Front nous croyons à l’unité Palestinienne. Les élections ont lieu le 24 janvier. Nous veillons à l’unité avant même les élections. Au Front nous étions d’accord avec le décret présidentiel. Nous ne pouvons rester dans un vide juridique. S'il n'y a pas d’accord, il faut que les élections aient lieu au moment prévu. Nous sommes pour la proportionnelle totale. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester dans un vide juridique. Il ne faut pas que Netanayun puisse dire que les Palestiniens ne soient pas unis. Nous ferons tous les efforts pour retrouver notre unité. Retrouver les villages d’avant 1948. Le rapport Goldstone est important. Il y a beaucoup de troubles psychologiques avec les enfants suite à la guerre. Nous attendons des députés Français qu’ils fassent lever le siège au niveau de l’Europe. La guerre menée par Israël n’est pas une guerre contre le terrorisme, ni contre le Hamas mais contre les Palestiniens. 5 ou 6 factions ont participé aux combats. Message à transmettre à l’Europe : parvenir à l’indépendance. Nous ne sommes des buveurs de sang. Nous avons cru aux résolutions internationales. La résolution 194 nous reconnaît le droit au retour. Les tentatives répétées essaient de nous priver de ce droit au retour. Les factions de l’OLP refusent catégoriquement. Il ne fait pas que le droit au retour tombe dans l’oubli.

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Nous demandons à L’Europe pour faire lever le siège imposé à la bande de Gaza. La société civile et les Nations Unies peuvent travaillent pour faire cesser les souffrances. Nous faisons confiance aux Français. Nous aider à tenir face au sionisme et au fascisme. Nous souhaitons que la position Française fasse pression sur Israël. Le peuple Palestinien a une particularité : pas nombreux mais la force des Palestiniens doit d’être uni. Tirer expérience des autres peuples. La division est la voie royale pour l’échec. Nous voulons la démocratie, l'instruction et la liberté. D’abord nous voulons deux Etats et peut être un jour un."

Retour à Gaza, fin de journée.


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Nous partons ce matin pour Rafah, au sud de la bande de Gaza.

Cette ville est frontière avec l’Egypte. Mis à la part les côtes où les Palestiniens ne peuvent s’éloigner notamment pour pêcher au delà de 3 miles, l’Egypte est le seul pays frontalier avec la bande de Gaza.

Ici nous sommes à l’angle de trois territoires, Israël, l’Egypte et la bande de Gaza. Nous avions entendu parler des tunnels seuls lieux de passage non contrôlés avec la bande de Gaza.

Avant d’arriver à ces tunnels, nous passons par l’ancien aéroport de Rafah.

Les photos montrent un aéroport complètement détruit par les chars et les bulldozers Israéliens.

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A plusieurs reprises me sera revenu en tête cette phrase de Prévert « quelle connerie la guerre ». Ici la poésie a peu de place.

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Un immense aéroport complètement détruit, les pistes de décollage méthodiquement défoncées et malgré tout encore très surveillé par les miradors Israéliens. Notre guide nous conseille de rester groupés. La zone étant très surveillée même à distance et le sol n’est pas très sûr.

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A côté la vie continue avec une énergie qui force l’admiration.

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Il faut manger, apprendre, résister, vivre.

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Et ces enfants à chaque coin de rue que l’on photographie sans cesse tant ils représentent une source d’espoir et de vie.

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Nous faisons une halte devant le poste frontière officiel avec l’Egypte. A peine descendus, on nous propose du change, mais il n’est pas prévu pour nous de passer la frontière.

Je ne savais pas encore que je la passerais quelques instants plus tard mais dans de toutes autres conditions. Une mosquée est prévue pour assurer la prière lors des longues attentes pour passer la frontière. L’Egypte est tout à la fois proche du peuple Palestinien et en même temps la solidarité des peuples Arabes face à Israël paraît bien mince. Les Egyptiens ne laissent passer qu’au compte goutte les Palestiniens. Le contrôle par le Hamas de la bande de Gaza n’incite pas les Egyptiens à la générosité et à la solidarité.

Notre guide qui souhaite garder l’anonymat nous mène vers ces fameux tunnels.

Et là c’est surréaliste.

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Des centaines de tentes les unes à côté des autres, à la vue des miradors tenus par les militaires Egyptiens et pas très loin des Israéliens. Et dans les tentes, des trous de 30 mètres de profondeur menant à des tunnels long de 500 mètres qui débouchent en Egypte. Des jeunes, très jeunes, creusent et assurent l’acheminement de marchandises. Toutes sortes de marchandises, nourriture, véhicules en pièces détachées, essence, armes aussi, tout passe ici. En insistant, nous gagnons l’accord des jeunes pour descendre et circuler dans ces tunnels où l’on se tient à peine debout. A un moment, plié en deux, mon jeune guide me dit avec un large sourire plein de fierté, en me montrant vers le haut, "ici c'est la frontière avec l'Egypte".

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Ici pas besoin de passeport mais il ne nous est pas venu à l’esprit un seul instant de sortir côté Egyptien. Les militaires Egyptiens surveillent ces tunnels, à la fois impuissants et tolérants. Nous ne savons pas comment cela se passe de l'autre côté.

Retour à Khan Younis.

__Rencontre avec Ziad Medoukh, chef du département Français de l’Université Al-Aqsa à Gaza.__
Je reprends l'essentiel de ses propos:

« Les deux secteurs qui marchent bien, l’éducation et la santé. Le Hamas contrôle la fonction publique, les mosquées, les mairies mais pas les associations, les actions civiles, les services de l’ONU. Le département de l’Université reste mixte. Il y a un double discours dans le Hamas : domination et devant les étrangers ouverture. La bande de Gaza est une région isolée. Avant le blocus, il y avait déjà un isolement. L’arrivée du Hamas a mis de la pression sur la population. Ceux qui se sont opposés au Hamas sont en prison. Le Hamas cherche à avoir une place reconnue dans Gaza. Il a bien joué dans la résistance et la religion. La pression du Hamas est présente mais légère. Le port du voile n’est pas obligatoire mais les femmes y compris les catholiques préfèrent le porter pour ne pas avoir de problème.

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Depuis qu’il est au pouvoir il est moins dur. Depuis la mort d’Arafat, il y a deux projets : le Hamas défendu par la Syrie et l’Iran et le Fatah défendu par la Jordanie, l’Egypte, et l’Arabie Saoudite.

La résistance dans la bande de Gaza n’est pas organisée. En 2009, 15 ans après Oslo, les Palestiniens n’ont rien eu. Il faudrait un référendum entre les deux : rendre la parole au peuple. La démocratie est chère au peuple Palestinien. Le Hamas est arrivé par la démocratie mais ne la respecte plus aujourd’hui. Il reste ici les universités et la société civile. Pas simple aujourd’hui de faire de la politique à Gaza ailleurs qu’au Hamas. Mais pas simple non plus de faire de la politique en Cisjordanie quand tu es au Hamas. La société civile est organisée par la gauche. Quand tu es au pouvoir, tu laisses tomber la société civile et là le Hamas s’est emparé du peuple. Trois perspectives :

•* L’extérieur avec un accord entre les pays qui soutiennent les factions,

•* Les dirigeants des deux factions s’accordent,

•* La société civile.

Le vrai objectif Israélien est de casser l’espoir de la population. Le Hamas leur va bien. Sur 1300 morts, seuls 91 activistes politiques tués. Les Israéliens préfèrent le Hamas à l’autorité Palestinienne.
Israel est contre le Hamas mais il en a besoin. Israël maintient la division.

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La solution internationale est la seule solution mais elle est absente contre Israël. Israël représente des intérêts économiques. Les Etats Unis entretiennent les divisions des pays Arabes pour défendre les intérêts économiques. Mais les pays Arabes voisins profitent aussi de cette situation. Ce qui fait le plus peur aux pays Arabes et aux occidentaux, c’est la perspective d’un Etat Palestinien laïc et de gauche. La démocratie fait peur aux uns et aux autres.

Après l’agression, les étrangers ont oublié qu’il y avait un blocus. Il faut lever ce blocus, c’est un crime contre l’humanité. Il faut encourager les médias à venir ici. Il ne faut pas parler que du Hamas ici. Il faut parler des résistances des Gazaouis pour vivre normalement. Les femmes Palestiniennes ont un rôle important mais personne n’en parle.

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120 avocates ont refusé de parler le voile. Le Hamas a du renoncer. La société civile se bat et l’on n’en parle jamais. Les médias ne parlent que du Hamas, des attentats, des événements et pas de la résistance populaire. Nous aider c’est demander la levée du blocus et parler des résistances des Gazaouis.

En 2006, j’ai crée avec des collègues, le centre de la paix et de la non violence. Il y a15000 étudiants à l’université à Gaza. En tapant sur Internet « centre de la paix à Gaza », vous accédez à toutes les informations sur ce centre. Du côté Israélien, il y a peu de résistance contre les agressions Israéliennes. Au moment de Sabra et Chatila, il y avait 2 millions d’Israéliens dans les rues. Que 3000 il y a un an au moment de la guerre contre gaza. Il faut maintenir les liens entre la communauté internationale et nous.

Nous pouvons imaginer des coopérations pour se parler. Besoin de livres, de matériels, entre universités pour organiser les vidéos conférences. Il faut que ces projets se construisent ensemble dans le temps. Gardons le contact. »


Encore une rencontre très riche et très politique pour comprendre ce qui se passe en Palestine, les enjeux et les perspectives de solution. Là encore, il est question de démocratie, de conception du monde, de quels types de rapports pouvons nous imaginer entre les peuples. Parce que la Palestine symbolise une possible nation Arabe démocratique et progressiste, elle est sous pression de toutes parts. Voilà une raison essentielle de s’y rendre, d’en être solidaire, de demander la fin du blocus.

Ici on commence à entendre parler de la marche sur Gaza du 31 décembre.

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A suivre…de près.

A bientôt.