Serge Dassault, son argent et son cynisme.
Par Bruno Piriou le lundi 1 février 2010, 17:07 - Corbeil-Essonnes - Lien permanent


Les salariés d'Hélio Corbeil venus défendre leur emploi, délogés par la police
aux voeux du maire et du sénateur de Corbeil-Essonnes.
Le devenir de Corbeil-Essonnes semble suspendu à la fortune de Serge
Dassault.
En une semaine, les Corbeil-Essonnois apprennent que le sénateur Serge
Dassault va financer de sa poche l’acquisition d’un espace vert de 7 hectares,
la rénovation de deux églises, l’entreprise Altis et le repas des vœux des
seniors.
Déchu de son mandat de maire par le Conseil d’Etat pour avoir donner de
l’argent aux électeurs durant les municipales de mars 2008, Serge Dassault
persévère au grand jour.
Loin de trouver là une quelconque générosité, je dénonce :
•* Un aveu d’échec de celui qui, après avoir été maire 15 ans à
Corbeil-Essonnes, laisse une commune exsangue financièrement, économiquement et
commercialement. Une commune qui n’est même plus en mesure de financer le
traditionnel repas des seniors.
•* L’instauration d’un système datant de l’ancien Régime où les services
rendus à la population sont décidés par un seul homme au gré de sa fortune et
de ses choix personnels. Ce système n’est ni Républicain, ni
démocratique.
•* La pensée politique d’un sénateur UMP qui n’a de cesse de réclamer la
suppression de l’impôt sur la grande fortune et sur les sociétés. Si Serge
Dassault a trop d’argent, qu’au contraire, son imposition soit majorée et
redistribuée aux contribuables pour qu’avec l’intermédiaire de leurs élus ils
décident de l’utilisation de cet argent.
•* Le mode gouvernance des entreprises en général et d’Altis en particulier.
Depuis des années, les salariés de cette grande entreprise de semi conducteur
sont victimes de tractations secrètes entre leurs actionnaires, d’hypothétiques
repreneurs étrangers et Serge Dassault. L’Etat et les collectivités locales,
après versés 35 millions d’euros aux actionnaires, demeurent spectateurs. Rien
ne justifie que l’avenir de salariés et de leurs familles, de l’emploi et de
l’industrie en Ile de France soit traité dans une telle opacité avec des
acteurs qui n’ont de compte à rendre à personne. Altis a besoin d’un véritable
projet industriel pérenne soutenu au niveau national et Européen, et non d’être
l’otage des manoeuvres politiciennes d’un autocrate.
A Corbeil-Essonnes, Serge Dassault fait revenir note ville aux pratiques du
19ème siècle. Mais le temps « des maîtres des forges » c’est fini
!
Ne pas réagir aujourd’hui c’est accepter demain qu’à Corbeil-Essonnes comme ailleurs, les milliardaires financent toutes les activités humaines sans que les citoyens n’aient leur mot à dire.