Discours de Bruno Piriou lors de l'inauguration à la MJC.

Voilà de ces initiatives qui rassemblent, qui unissent, qui font sens. Des collégiens, des enseignants, un artiste peintre, des slameurs et une idée, la citoyenneté.

Félicitations à toute l’équipe de la MJC, son conseil d’administration, sa présidente et à son créatif directeur Yann Moullenc.

La citoyenneté n’a de sens qu’au travers des valeurs qu’elle porte.

L’immense apport des Lumières et de la Révolution Française a été d’instituer la nation comme communauté des citoyens, en souverain, dans le cadre d’un régime affirmant la liberté, l’égalité et la fraternité comme valeurs suprêmes de la République.

Votre initiative a le mérite de donner du corps à ces trois mots grâce à l’expression artistique. La création comme moyen de faire dire plus que les mots sur le monde, les humains, le vivre ensemble.

Le risque aujourd’hui n’est pas de souffrir de trop de liberté, de trop d’égalité et de trop de fraternité. Et donc de trop de citoyenneté.

Au-delà de la nécessaire prise de pouvoir des citoyens pour faire vivre ces valeurs, des initiatives comme celles de ce soir font vivre par la rencontre ce qu’il y a de possible entre nous, citoyens d’origines et d’horizons différents mais unis dans une même communauté.

Cette soirée répond comme un écho de générosité à un débat ségrégatif que l’on a voulu nous imposer sur l’identité nationale.

Florent Moutti, sur votre site, vous parlez des négligences de la France vis-à-vis de certains Français, les immigrants économiques d’Afrique et à leurs enfants, aux habitants des DOM TOM, aux tziganes.

Votre peinture se passe de mots pour donner à voir ce qu’il y a à la fois de singulier et d’universel dans chacun de ces portraits.

Merci pour ce magnifique travail.

Les paroles lâchées ce soir par les slameurs sur cette scène ouverte aux collégiennes et aux collégiens de la Nacelle et de Louise Michel vont, je n’en doute pas, donner à écouter notre société riche de ses métissages dont parle si bien Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau. Ce soir, grâce à la MJC, une certaine idée de la France fraternelle et terre d’asile reprend des couleurs.

Merci pour votre travail et votre ouverture d’esprit.

Le Conseil général de l’Essonne est fier d’avoir participé au financement de ce programme.