Aménagement de la papeterie à Corbeil-Essonnes, le Tribunal administratif redonne la main aux citoyens.
Par Bruno Piriou le vendredi 7 mai 2010, 14:04 - Lien permanent
Aménagement de l’ancienne papeterie,
le tribunal administratif demande à Serge Dassault et à Bouygues
Immobilier
de revoir la copie pour non respect du principe d’égalité entre les
candidats
au cours de la procédure d’attribution de la convention.
Jeudi 6 mai au Tribunal administratif de Versailles, le rapporteur public a
demandé l’annulation de la délibération du conseil municipal de
Corbeil-Essonnes datée du 9 mai 2007 confiant à la société Bouygues Immobilier
l’aménagement des 14 hectares du site de l’ancienne papeterie. Le délibéré
devrait être rendu le jeudi 20 mai.
Le rapporteur public reprend à son compte l’un des griefs reprochés à
l’ancien Maire de Corbeil-Essonnes, Serge Dassault, à savoir la violation du
principe d’égalité de traitement des candidats à l’appel d’offre.
Le 18 décembre 2006, par l’intermédiaire de la société d’économie mixte de
la commune, la SAIEM, le Maire de Corbeil-Essonnes signait une promesse de
vente des terrains à Bouygues Immobilier. Dans le même temps, les candidats à
l’aménagement des terrains avaient jusqu’au 26 décembre 2006 pour déposer leur
offre.
Or l’une des conditions de l’acceptation de l’offre d’aménagement était de
devenir propriétaire des terrains.
Non seulement Bouygues Immobilier détenait cette promesse de vente mais
cette société avait versé 7 millions d’euros de prêt à la société d’économie
mixte.
Le rapporteur public en conclut qu’avec cette promesse de vente signée
soutenue par un prêt financier, Bouygues Immobilier dispose d’un moyen de
pression financier suffisant de nature à rompre l’égalité de
traitement.
Le rapporteur public demande l’annulation de la délibération du conseil
municipal et la saisine par la commune du juge du contrat pour un nouvel appel
d’offre.
Enfermé dans les difficultés financières de la commune, pressé par la
Chambre régionale des comptes qui lui reproche un budget insincère et
déséquilibré, Serge Dassault, fin 2006, privilégie l’apport financier de
Bouygues Immobilier à l’élaboration d’un véritable projet d’aménagement de
l’ancienne papeterie.
Ce site comporte des bâtiments industriels remarquables. Il est traversé par
la rivière Essonne, avec à l’amont les marais de la basse vallée et à l’aval,
le Cirque de l’Essonne et la traversée de Corbeil-Essonnes.
Si le tribunal administratif confirme l’avis du rapporteur public, les
Corbeil-Essonnois et les habitants des communes voisines auront perdu des
années pour réaliser un véritable projet et en finir avec une friche
industrielle polluée et inutilisée.
Chacun ne peut que regretter le temps perdu.
Je propose de tirer parti de cette attendue décision juridique pour
organiser dans les semaines à venir une rencontre publique associant les
riverains, les associations de défense de l’environnement, les commerçants, les
élus de Corbeil-Essonnes et de Villabé, le Syndicat Intercommunal d’Aménagement
et de Restauration de Cours d’Eau, le Conseil en Aménagement, en Urbanisme et
en Environnement de l’Essonne, pour créer les conditions de modifier le futur
projet d’aménagement.
Les terrains de l’ancienne papeterie pourraient ainsi devenir un site
accueillant du logement, des services et des commerces, point de départ d’un
corridor vert débouchant sur les marais de la basse vallée de l’Essonne pour
les promeneurs et les randonneurs, un véritable éco quartier mettant en valeur
la rivière Essonne.
Aux Corbeil-Essonnois et aux Villabéens de reprendre la main.