Aménagement de la papeterie par Bouygues Immobilier, la justice épingle Serge Dassault.
Par Bruno Piriou le vendredi 21 mai 2010, 10:32 - Au Conseil Général - Lien permanent
Le tribunal administratif de Versailles annule la délibération en date du 9
mai 2007 par laquelle le conseil municipal de Corbeil-Essonnes confie à la
société Bouygues Immobilier l’aménagement des 14 hectares du site de l’ancienne
papeterie.
Une nouvelle fois la justice épingle l’ancien maire UMP de Corbeil-Essonnes
Serge Dassault.
Cette fois la justice lui reproche le non respect des règles de mise en
concurrence pour la passation d’une convention d’aménagement qui offrait la
possibilité à Bouygues Immobilier de construire près de 1000
logements.
Le tribunal demande au conseil municipal qu’une nouvelle délibération soit
prise dans un délai de deux mois pour relancer l’appel d’offre. Cette
injonction est assortie d’une astreinte de 150 euros par jour de
retard.
Que de temps et d’argent perdu.
Si Serge Dassault avait à l’époque écouté mes propositions, les remarques de
l’avocat de la commune et de la chambre régionale des comptes le mettant en
garde du risque de délit de favoritisme, celles des riverains exigeant une
concertation, Corbeil-Essonnes bénéficierait aujourd’hui d’un véritable
programme d’aménagement urbain.
En 2007, pressé par des finances communales exsangues, Serge Dassault a
préféré brader à Bouygues, en échange d’une avance de 7 millions d’euros, un
superbe site à aménager.
Je propose de rattraper le temps perdu en organisant dès le mois de juin une
concertation avec les Corbeil-Essonnois, les Villabéens, les associations de
protection de l’environnement, le Syndicat Intercommunal d’Aménagement et de
Restauration des Cours d’Eau, le Conseil en Aménagement, en Urbanisme et en
Environnement et les élus des communes concernés.
Cette victoire en justice doit se traduire par une victoire démocratique
pour optimiser l’aménagement de ce site en respectant l’environnement, en
décidant d’un programme équilibré en logements et en équipements publics, en
respectant la géographie de la rivière Essonne et de ses berges en direction
des marais de la basse vallée de l’Essonne.
Le programme de Bouygues Immobilier n’avait d’éco quartier que le
nom.
La décision du tribunal administratif offre la possibilité aux
Corbeil-Essonnois et aux Villabéens de reprendre la main sur l’aménagement du
site papetier pour penser un projet respectueux des exigences environnementales
sociales et économiques.