C’est dans cette perspective que nous avons organisé, avec la VillEnsemble, une grande réunion publique sur l’avenir de la Papeterie. Cette réunion, qui se tenait le 22 juin sur le site de l’ancienne papeterie, a réuni près d’une centaine de personnes pour un débat très enrichissant qui a vu se croiser les avis des Corbeil-Essonnois et de Villabéens avec ceux de professionnels invités pour l’occasion.

Cette initiative, qui illustre sous de nombreux aspects les enjeux auxquels nous sommes confrontés à Corbeil-Esssonnes, en même temps que ma vision de leur résolution. Comme souvent à Corbeil, nous faisons face ici à ce que l’on pourrait considérer comme un cas d’école.

Au départ de cette affaire, un délibération du Conseil Municipal comme il en existe malheureusement beaucoup depuis 1995 : un site riche, central et historique, cédé par la Mairie à un promoteur pour un plan de construction dénué de toute réflexion quant à son intégration au territoire. Mais cette fois, à cette absence de projet s’ajoute une illégalité manifeste. L’arrangement entre amis conclu par la municipalité avec Bouygues Immobilier est cassé par le Tribunal Administratif, qui, en retenant « le non-respect du principe d’égalité des candidats », rappelle au couple Bechter-Dassault les principes fondamentaux du Droit des marchés publics.

Fort de cette nouvelle condamnation par la Justice des écarts répétés de la municipalité, je profite de cette occasion pour réaffirmer la pertinence d’une démarche à laquelle je crois profondément, et ce particulièrement dans l’aménagement de notre territoire : le débat démocratique et la participation des habitants à la construction du projet. Plus qu’à une étape consultative, je crois fortement à l’efficacité du croisement des deux expertises, technique et citoyenne.

Cette décision de justice, dans une période incertaine où l’on attend sereinement les conclusions du Conseil d’Etat quant à l’annulation des dernières élections municipales, peut constituer le point de départ d’un véritable élan démocratique dans l’aménagement de la Vallée de l’Essonne. D’ores et déjà, de nombreux professionnels, notamment sous notre impulsion, s’intéressent à cette question. Le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement (CAUE) local, le Syndicat Intercommunal d’Assainissement et de Rénovation des Cours d’Eau (SIARCE), ainsi que des cabinets et écoles d’architecture étudient aujourd’hui le site de l’ancienne papeterie en vue de son aménagement futur. Mon ambition est de construire, avec tous ces acteurs, mais aussi avec les habitants, un véritable projet d’avenir pour la Vallée de l’Essonne.

Nous avons ici une opportunité pour affirmer un nouvel esprit dans l’aménagement de la Ville. A la frénésie de la construction à tout va, nous devons opposer un projet visionnaire, riche de réflexions multiples et croisées, ouvert sur la ville et son environnement. Car l’aménagement de la Vallée de l’Essonne doit contribuer à faire de Corbeil-Essonnes une ville ambitieuse dans la coopération intercommunale, dans l’affirmation d’un nouvel urbanisme qui articulerait les principes de démocratie locale et de développement durable.

Dans un ouvrage récent (voir, mes lectures, La Ville passante publié sous sa direction), Ariella Masboungi nous incite à « penser la ville par l’existant ». Convaincu que c’est à travers ses citoyens, comme à travers son patrimoine, qu’un territoire existe, je me rallie totalement à cette formule.

A nous de la faire vivre, ensemble, à Corbeil-Essonnes et ailleurs.