Le quartier des Tarterêts, otage de la politique gouvernementale

Encore une fois, le quartier des Tarterêts fait la une de la presse et des journaux télévisés, toujours sous le même prisme, l’insécurité. Le scénario est désormais classique : Dans un contexte national d’affaires au sommet de l’Etat, de contestation de projets de loi sur les retraites et des conséquences sociales d’une politique calamiteuse, un énième contrôle de police musclé est organisé et tourne mal avec certains jeunes qui s’en prennent violemment aux forces de l’ordre, des policiers sont blessés, des jeunes sont condamnés. Pour le gouvernement, cela tombe à pic et le discours sécuritaire passe au premier plan en jouant sur la corde sensible des Françaises et Français. Le piège est grossier, il constitue une provocation.

Une logique d’affrontement

Cette politique du conflit permanent préférée à une politique de prévention contribue à une escalade inquiétante dans la violence des rapports entre une partie de la jeunesse et les institutions, en tête desquelles la police. Le chef de l’Etat joue avec le feu : la logique de confrontation entre policiers et jeunes fait monter d’un cran la violence des coups. Quelle insupportable perspective que celle d’un policier ou d’un jeune qui serait tué lors d’un tel affrontement et servirait opportunément les tenants d’une politique sécuritaire à outrance !

Les Tarterêts sont avant tout sinistrés par la crise

Ce mépris total des véritables problèmes que rencontrent les habitants des quartiers des Tarterêts comme de tant d’autres est insupportable. Messieurs les Ministres, venez aux Tarterêts, venez à La Villeneuve ! Les habitants vous parleront d’abord du chômage, des loyers et des charges qui augmentent, de l’absence d’activités pour leurs enfants qui ne partent pas en vacances, du sentiment d'abandon par la Ville. Ils évoqueront sans doute les incivilités, les tensions quotidiennes, l’existence de trafics mais en déplorant que la seule réponse apportée soit la visite quotidienne d’un cordon de C.R.S., avec ses effets désastreux sur l’atmosphère du quartier. Il ne s'agit pas de tolérer les trafics et les violences - mais plutôt de travailler à la prévention de proximité et aux mesures permettant aux habitants d'échapper à la crise.

Nicolas Sarkozy va-t-en guerre

Nous avons assisté cet été à une surenchère nauséabonde dans le tout répressif : « véritable guerre que nous allons livrer aux délinquants, Français ou voyou il faut choisir, nationalité Française retirée à toute personne d’origine étrangère, la nationalité Française se mérite, comportement des gens du voyage… » A ce triste jeu, le partisan fidèle du chef de l'État et richissime Serge Dassault, protégé de la crise, n’a pas souhaité être en reste. Il propose de rabaisser la majorité pénale de 18 à 16 ans, parce qu’il faut « prendre enfin des mesures efficaces contre ces jeunes qui se sentent encore trop protégés ». Les intéressés apprécieront !

Serge Dassault, maire en sous-main, fait campagne

D’une main de sénateur, il est le premier pour casser les politiques sociales et en rajouter dans le tout sécuritaire, de l’autre main, relayé par le maire, son fidèle Jean-Pierre Bechter, il casse aussi les politiques sociales et culturelles . Il crée un système clientéliste qui donne le sentiment d'impunité aux plus délinquants. Comme Nicolas Sarkozy prépare la présidentielle de 2012, Serge Dassault prépare d'éventuelles élections municipales cet automne 2010

Il faut changer de politique, et d'urgence !

Il faut redonner des moyens aux politiques de prévention que la droite a méthodiquement torpillés à l’image de la protection judiciaire de la jeunesse et du club de prévention de la délinquance à Corbeil-Essonnes. Il faut soutenir les structures éducatives et culturelles, développer localement l’emploi et la formation, œuvrer à l’ouverture des quartiers sur la ville : il y a urgence a donner aux habitants, aux associations et aux élus de terrain les moyens d’une véritable action de proximité.

Les Roms victimes à leur tour de la diversion sécuritaire

Le traitement du problème des Roms illustre bien cette stratégie de diversion poussée ici à son paroxysme. Stigmatisées et privés de leurs droits fondamentaux, ces populations sont toutes devenues, à partir d'un incident localisé et limité, les boucs émissaires d’un gouvernement qui néglige les principes élémentaires de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Jadis modèle pour les autres démocraties du monde, la France est aujourd’hui rappelée à l’ordre par les instances internationales et européennes.

Je vous donne rendez-vous !

Sur tous ces sujets mais aussi sur beaucoup d'autres qui concernent la vie de la cité, je suis présent à vos côtés en cette rentrée. A Corbeil-Essonnes, je rencontre les communautés stigmatisées par la politique gouvernementale. Je serai dès cette semaine avec les habitants dans les quartiers et auprès des salariés, à votre disposition pour réfléchir ensemble aux solutions pour changer vraiment de politique. Et je serai aussi à Paris, le samedi 4 Septembre, à l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme, pour un rassemblement contre les dérives antirépublicaines du Gouvernement et le mardi 7 septembre à la journée de mobilisation pour la défense du système de retraites.

Bonne rentrée.