Le droit à la réussite pour tous les élèves : un devoir pour la République!
Par Bruno Piriou le samedi 14 janvier 2012, 23:35 - Corbeil-Essonnes - Lien permanent
Avec mon collègue, nous représentons le conseil général de l’Essonne et son
président Jérôme Guedj, pour la participation de notre collectivité
territoriale au financement de cette nouvelle école.
Cette nouvelle école, vous les élèves, les parents, les enseignants et
l’équipe de direction vous l’avez bien méritée.
Je salue Monique Col, directrice jusqu’à l’an passé, qui a défendu avec ses collègues et les parents la nécessité d’en finir avec les précédents préfabriqués, ces bâtiments de substitution dont on connaît la date d’arrivée mais rarement celle de départ. Vous avez été nombreux à demandé une école digne de ce nom, digne de son nom Jean Macé, ce fils d’ouvrier devenu enseignant puis sénateur, et qui en créant en 1866 la Ligue de l’enseignement, oeuvra pour une école gratuite, obligatoire et laïque.
C’est donc avec une très grande satisfaction que nous sommes réunis
aujourd’hui pour fêter l’évènement. Une nouvelle école c’est toujours une bonne
nouvelle. Elle était attendue. Je tiens vraiment à saluer la direction et
chaque enseignant, vous dont Victor Hugo disait que vous étiez « des
jardiniers en intelligence humaine ». Les bons résultats de l’école élémentaire
Jean Macé, bons résultats au sens d’aider chaque élève à apprendre et à
construire un savoir, nous vous le devons. Travaille dans cette école une
équipe enseignante dévouée, qui croit dans l’Education Nationale, qui ne compte
pas son temps, proche des enfants. Votre réel investissement professionnel
porte ses fruits.
Je salue les personnels communaux, partie intégrante de la communauté
éducative, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour assurer le bon accueil des
élèves et des enseignants.
Je salue aussi les parents pour qui l’école de la République doit, aux côtés
de la famille, rester le principal lieu d’éducation, d’apprentissage des
savoirs et d’émancipation de vos enfants. C’est parce que vous attendez
beaucoup de l’école, ici sûrement plus qu’ailleurs, parce que les conditions
d’existence y sont plus difficiles, que vous y êtes particulièrement attentifs.
Le directeur me soulignait votre engagement au sein notamment du conseil
d’école.
Au total nous avons raison, chacun avec nos responsabilités, d’être exigeant
pour défendre et promouvoir tout ce qui touche à l’Education Nationale. De la
qualité des bâtiments où le fonctionnel doit côtoyer la beauté de
l’architecture, pour faciliter l’écoute, la concentration mais aussi le rêve et
l’imaginaire, Aucun d’entre nous n’a oublié ses souvenirs d’école, le rapport à
l’instituteur, au maître, au professeur des écoles, les jeux dans la cour, les
rigolades parfois les pleurs, le lieu de l’apprentissage de la construction de
soi. Une école au 21 eme siècle, cela ne peut être que soignée, douce au
regard, chaleureuse à l’accueil, facile à la rencontre et à
l’échange.
La qualité des bâtiments doit aller de pair avec les moyens alloués au
service public de l’Education Nationale et tout ce qui favorise l’échange et la
réflexion.
Rappelons nous au sortir de la seconde guerre mondiale, il n’y a pas si
longtemps, l’espoir que les indignés de l’époque avait placé dans l’éducation,
en inscrivant dans le programme du Conseil National de la Résistance, « la
possibilité effective pour tous les enfants de bénéficier de l’instruction et
d’accéder à la culture la plus développée, quelque soit la situation de fortune
de leurs parents. »
Je suis indéfectiblement attaché à cette idée moderne qu’est la
démocratisation de l’accès aux savoirs, qu’elle doit être une exigence de
chaque instant. Oui quelque soit son origine, nationale et sociale, chaque
enfant sur notre territoire a le droit d’accéder aux savoirs pour réussir sa
vie et nous les adultes le devoir d’assurer ce droit à chaque enfant.
L’égalité des chances n’est pas qu’une affaire individuelle. C’est l’affaire
de toute la société. Lutter contre l’échec scolaire et gagner la réussite de
chaque élève, cela passe :
• par la qualité de la vie de la classe où comme disait Henri Wallon, il
faut parvenir à « constituer chaque classe en un groupe où, dans l’ordre
même des études, tous soient responsables de chacun et où chacun ait des
responsabilités particulières », la classe contre l’individualisme et comme le
lieu de l’apprentissage du vivre et du grandir ensemble,
• La qualité de la vie de la classe passe par la revalorisation du service
public de l’Education Nationale, et c’est bien normal que cela coûte. Oui il y
a urgence à réinvestir et à repenser la formation professionnelle des
enseignants, à redonner les moyens aux sciences de l’éducation d’inventer les
pratiques pédagogiques émancipatrices,
• Aider chaque élève à réussir coûtera forcement en postes d’enseignants
supplémentaires, je dirai et alors,
Et c’est parce que l’école ne peut porter à elle seule ce défi de la réussite de chacun de vos enfants, de vos élèves, qu’il est de notre responsabilité à tous d’agir aussi pour : • améliorer les conditions de vie des parents,
• aider les familles,
• aider à la parentalité plutôt qu’à la culpabilité,
• agir sur la qualité de vie dans le quartier et dans la ville pour un
environnement serein, fraternel et solidaire.
C’est en oeuvrant à tout cela que nous atteindrons l’objectif cher à Jean
Macé au 19 me siècle, de concrétiser véritablement les valeurs de la
République, Liberté, Egalité, Fraternité.
Nous avons beaucoup à faire, ensemble pour que dans les mois et les années à venir, ces si jolis mots reprennent tout leur sens pour chacun d’entre nous.