C’est donc avec une très grande satisfaction que nous sommes réunis aujourd’hui pour fêter l’évènement. Une nouvelle école c’est toujours une bonne nouvelle. Elle était attendue. Je tiens vraiment à saluer la direction et chaque enseignant, vous dont Victor Hugo disait que vous étiez « des jardiniers en intelligence humaine ». Les bons résultats de l’école élémentaire Jean Macé, bons résultats au sens d’aider chaque élève à apprendre et à construire un savoir, nous vous le devons. Travaille dans cette école une équipe enseignante dévouée, qui croit dans l’Education Nationale, qui ne compte pas son temps, proche des enfants. Votre réel investissement professionnel porte ses fruits.

Je salue les personnels communaux, partie intégrante de la communauté éducative, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour assurer le bon accueil des élèves et des enseignants.

Je salue aussi les parents pour qui l’école de la République doit, aux côtés de la famille, rester le principal lieu d’éducation, d’apprentissage des savoirs et d’émancipation de vos enfants. C’est parce que vous attendez beaucoup de l’école, ici sûrement plus qu’ailleurs, parce que les conditions d’existence y sont plus difficiles, que vous y êtes particulièrement attentifs. Le directeur me soulignait votre engagement au sein notamment du conseil d’école.

Au total nous avons raison, chacun avec nos responsabilités, d’être exigeant pour défendre et promouvoir tout ce qui touche à l’Education Nationale. De la qualité des bâtiments où le fonctionnel doit côtoyer la beauté de l’architecture, pour faciliter l’écoute, la concentration mais aussi le rêve et l’imaginaire, Aucun d’entre nous n’a oublié ses souvenirs d’école, le rapport à l’instituteur, au maître, au professeur des écoles, les jeux dans la cour, les rigolades parfois les pleurs, le lieu de l’apprentissage de la construction de soi. Une école au 21 eme siècle, cela ne peut être que soignée, douce au regard, chaleureuse à l’accueil, facile à la rencontre et à l’échange.

La qualité des bâtiments doit aller de pair avec les moyens alloués au service public de l’Education Nationale et tout ce qui favorise l’échange et la réflexion.

Rappelons nous au sortir de la seconde guerre mondiale, il n’y a pas si longtemps, l’espoir que les indignés de l’époque avait placé dans l’éducation, en inscrivant dans le programme du Conseil National de la Résistance, « la possibilité effective pour tous les enfants de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelque soit la situation de fortune de leurs parents. »

Je suis indéfectiblement attaché à cette idée moderne qu’est la démocratisation de l’accès aux savoirs, qu’elle doit être une exigence de chaque instant. Oui quelque soit son origine, nationale et sociale, chaque enfant sur notre territoire a le droit d’accéder aux savoirs pour réussir sa vie et nous les adultes le devoir d’assurer ce droit à chaque enfant.

L’égalité des chances n’est pas qu’une affaire individuelle. C’est l’affaire de toute la société. Lutter contre l’échec scolaire et gagner la réussite de chaque élève, cela passe :

• par la qualité de la vie de la classe où comme disait Henri Wallon, il faut parvenir à « constituer chaque classe en un groupe où, dans l’ordre même des études, tous soient responsables de chacun et où chacun ait des responsabilités particulières », la classe contre l’individualisme et comme le lieu de l’apprentissage du vivre et du grandir ensemble,

• La qualité de la vie de la classe passe par la revalorisation du service public de l’Education Nationale, et c’est bien normal que cela coûte. Oui il y a urgence à réinvestir et à repenser la formation professionnelle des enseignants, à redonner les moyens aux sciences de l’éducation d’inventer les pratiques pédagogiques émancipatrices,

• Aider chaque élève à réussir coûtera forcement en postes d’enseignants supplémentaires, je dirai et alors,

Et c’est parce que l’école ne peut porter à elle seule ce défi de la réussite de chacun de vos enfants, de vos élèves, qu’il est de notre responsabilité à tous d’agir aussi pour : • améliorer les conditions de vie des parents,

• aider les familles,

• aider à la parentalité plutôt qu’à la culpabilité,

• agir sur la qualité de vie dans le quartier et dans la ville pour un environnement serein, fraternel et solidaire.

C’est en oeuvrant à tout cela que nous atteindrons l’objectif cher à Jean Macé au 19 me siècle, de concrétiser véritablement les valeurs de la République, Liberté, Egalité, Fraternité.

Nous avons beaucoup à faire, ensemble pour que dans les mois et les années à venir, ces si jolis mots reprennent tout leur sens pour chacun d’entre nous.