Discours de Bruno PIRIOU

Merci chers amis d’avoir répondu à l’invitation pour cette traditionnelle rencontre des vœux.
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L’occasion de se souhaiter une bonne et heureuse année, de réaffirmer notre attachement à la fraternité et à la solidarité. Je tiens à saluer, tout d’abord, ceux qui mènent à Corbeil-Essonnes le combat pour une autre ville : Nicole Méresse, conseillère municipale, qui joue quotidiennement un rôle indispensable pour faire exister l’opposition politique dans notre ville, et le combat est rude. Michel Nouaille, qui, lorsqu’il anime le Parti Communiste où le mouvement sportif à Corbeil-Essonnes, contribue lui aussi fortement à faire exister l’idée d’une autre ville. Jean-Pierre Drapier également, à la tête de l’Association La VillEnsemble, qui fait toujours avancer une autre manière de faire de la politique.

Ce soir, c’est l’occasion aussi de passer je l’espère un agréable moment ensemble le temps d’une soirée, puisque ce soir en plus du buffet minutieusement préparé par Dalal Subhi et l’association des familles du centre ville, nous renouons avec la musique et la danse dans une ambiance, vous le verrez, surchauffée grâce aux douze musiciennes de Yemaya la Banda.

Mais par les temps qui courent, avant la fête, quelques mots de politique ne seront pas superflus.

Déjà que notre quotidien n’est pas que réjouissant, dorénavant, notre destin serait suspendu à des agences de notations, agences pères fouettards à tous les coups le peuple perd, qu’il ait été bon ou mauvais élève, c’est la punition assurée avec une cure d’austérité.

Le tout, à 93 jours d’une élection présidentielle dont on dit aussi qu’elle ne se jouerait qu’entre deux candidats, entre le vote utile de droite et le vote utile de gauche. Si c’est cela la perspective, à quoi bon se souhaiter une bonne année.

Il y a plus d’espoir à se rappeler Jean Jaurès quand il dit « qu’il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience », alors, les militants que nous sommes devons faire appel à notre réflexion et à notre intelligence.

Parce que quand même, qui avait raison en 2005, au moment du référendum sur le Traité de Lisbonne qui vendait, rappelez-vous, la concurrence libre et non faussée comme principe constituant de l’Union Européenne, supposé libérer l’économie et la croissance ? Déjà à l’époque, les dés étaient soi-disant jetés. Le oui allait l’emporter. C’était sans compter sur la capacité des citoyens à s’informer, à échanger, à réfléchir, à raisonner, à prendre conscience. En quelques mois le non était passé de 36% dans les sondages à 55% dans les urnes.

Le peuple a rejeté le traité mais le gouvernement l’a fait rentrer par la fenêtre. Avec comme résultat une crise existentielle de l’Euro et de toute l’UE où la crise financière mondiale a pris un caractère particulièrement aiguë, en raison de la nature même de la construction européenne selon les manuels du néolibéralisme.

Alors prenons un petit moment ce soir pour pousser notre réflexion.

Des mois que l’on nous assène le même plat, le poids de la dette publique avec une seule recette: l’austérité ! Et cela partout, dans chaque collectivité, en France, en Europe. Pourtant, il saute aux yeux que cette recette est pire que le mal qu’elle entend soigner. En Grèce, la super austérité détruit – ce n’est malheureusement pas une exagération – le pays qui se voit plongé dans une récession forte, avec des salaires en baisse de 25 à 40 %, et, c’est logique, le chômage et le déficit qui explosent. La dette devient ingérable, le pays est la proie des marchés, le pouvoir européen place un banquier à la place du gouvernement issu des élections, mais la chute continue.
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D’où vient en effet cette dette ? Economistes-atterres.jpgLes économistes critiques, d’ailleurs de plus en plus nombreux, montrent que ce ne sont pas les dépenses publiques (Etat et collectivités locales confondus) qui auraient augmenté ces 15 dernières années. Nous savons d’où viennent les déséquilibres croissants : ce sont les recettes publiques qui ont baissé ! Parce que la pensée unique néolibérale - défendue par le MEDEF, la droite, mais aussi une partie significative du PS – a érigé un certain nombre de principes dont on voit aujourd’hui toute la nocivité :

• il fallait baisser les impôts des plus fortunés et on a vu exploser les inégalités et se vider les caisses de l’Etat ;

• il fallait baisser les cotisations sociales côté patronal et on a obtenu une hausse des dividendes pour les gros actionnaires ;

• il fallait gagner en compétitivité en baissant les salaires et on a vu se vider les poches des salariés mais aussi les caisses sociales et de l’Etat ;

• il fallait déconstruire le droit du travail et on voit exploser la précarité, le nombre des salariés pauvres ;

• il fallait la liberté de la circulation des capitaux et on a récolté la spéculation poussée au point de déclencher une crise financière mondiale qui entraîne les finances publiques dans la tourmente.

Et on veut nous dire aujourd’hui que pour résoudre la crise, il faudrait pousser encore plus loin ces principes ?

Ce serait une folie.

Parce que la fuite en avant ne peut que déboucher dans un désastre social et la récession économique, dans la remontée de dangereux nationalismes dans une Europe en échec, dans des divisions au sein des sociétés et entre les peuples ce que savent parfaitement utiliser à leur profit les droites populistes et extrêmes en Europe.

C’est Non, parce que nous savons parfaitement qu’une AUTRE logique est possible.
ANL_7877.jpgEt que seule une rupture avec la logique actuelle peut ouvrir une perspective de sortie de crise. Le chantage autour de la dette publique qui nous empêcherait de changer de politique n’est en fait qu’un moyen de faire taire toutes celles et tous ceux qui disent aujourd’hui, dans les usines, dans les services publics, l’Education Nationale, dans les hôpitaux.

Nous savons :

• qu’on peut réguler et faire reculer le pouvoir des marchés financiers

• qu’on peut détacher les banques de la spéculation pour qu’elles financent l’économie réelle;

• qu’on peut libérer les Etats européens de la mainmise des marchés en faisant financer les activités des Etats et collectivités en dehors des marchés financiers, en mobilisant les banques centrales dans l’intérêt général .

• Nous savons que nous pouvons relancer l’économie, l’industrie, la recherche, le travail dans le sens d’un nouveau type de développement en consacrant les richesses produites dans l’intérêt général, en augmentant les salaires et les investissements utiles au détriment des dividendes qui, en 2011, – on vient de l’apprendre – ont augmenté de 15% !! pour les groupes du CAC40. Ces 45 milliards d’Euro auraient pu sauver combien d’emplois, maintenir en vie combien d’usines, former combien de chômeurs de longue durée ? On voit combien notre revendication du SMIC à 1700 E est justifiée !

Les choix peuvent donc être inversés!

Ne pas capituler face aux diktats des marchés financiers et l’humain d’abord, avec la démocratie, la priorité à l’emploi, la planification écologique, la refondation de l’Union Européenne, tels sont les messages lancés par le Front de Gauche.

Son discours ne se limite pas à la protestation : il exprime clairement l’ambition de changer les pouvoirs, d’obtenir une majorité et de devenir la première force à gauche.

C’est une voie qui ouvrirait une voie inédite et prometteuse en Europe, la seule à nous prémunir contre le nationalisme et la violence qui peuvent être le résultat de la concurrence sauvage qui est aujourd’hui la règle. Pour donner un nouveau souffle à cette belle idée qu’est l’Europe des peuples, née je vous le rappelle il y a plus de soixante ans, à l’heure où en France, les idées du Conseil National de la Résistance faisaient aussi triompher la solidarité et l’espoir en l’avenir. Oui, les dès ne sont pas jetés dans ces échéances à venir.

Et réellement, l’espoir d’une belle année, c'est de devenir acteur, du débat, de l’échange d’idées, de la progression de la seule force politique qui porte ces idées, le Front de gauche et avec ce front, un seul candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon,


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En fait, ces échéances électorales tombent bien. A nous de les utiliser pour élever le niveau du débat et l’amener sur les vrais sujets, faire correspondre les débats politiques aux questions que les citoyens se posent.

Sur le besoin d’une réelle alternative, l’occasion enfin, à partir de ce que nous vivons au quotidien, de redonner des repères dans le débat politique, de redonner et du sens au clivage gauche droite et au combat de classes,

De prendre conscience que ce front de classe à réinventer, c’est vous, c’est moi,

• Ce sont vos collègues de travail, vos voisins.

• Ce sont ces ouvrières en larmes de l’usine Lejaby d’Yssingeaux à qui l’ont dit après des années d’exploitation qu’elles ne servent plus à rien, ce sont les employés précaires des services à qui subissent les temps partiels, les longs trajets, les petits contrats,

• Ce sont ces employés de la grande distribution, de la restauration ou des entrepôts qui fleurissent en périphérie,

• Ce sont les fonctionnaires territoriaux, les enseignants au métier si fabuleux et confrontés à la fracture sociale et culturelle et l’insuffisante formation,

• Ce sont ces infirmières, ces médecins, ces agents administratifs qui vivent au rythme de la RGPP, des coupes budgétaires alors que le service public a tant à faire,

• ce sont ces chômeurs qui s’accrochent à leur dignité,

• ce sont les allocataires de la CAF, les salariés et les utilisateurs de Pôle Emploi,

• ce sont les sans papiers qui dorment la nuit devant la préfecture pour obtenir le renouvellement de leu titre de séjour,

• ce sont les retraités qui n’en peuvent plus de compter à 10 euros près,

• ce sont ces jeunes à qui l’ont dit qu’ils sont trop jeunes,
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Oui ce front de classe, c’est vous, c’est moi, c’est nous, qui devons travailler à sa consolidation pour redonner le goût de la politique.

Au moment où tant de peuples se battent et des militants paient de leur vie pour démocratiser leur société, nous ne pouvons nous résigner à banaliser l’idée que la politique ne pourrait plus rien, que voter ne servirait plus à rien.

Bien sur que la démocratie représentative est très mal en point, que tout est fait pour que l’élection présidentielle ne puisse conduire à un véritable changement ! Mais nous avons besoin de politique, et ce sont les plus faibles qui en ont le plus besoin car la loi de la jungle les écrase. 10 ans déjà que Pierre Bourdieu nous a quitté. Quelle pertinence quand il disait que « pour changer la vie, il faudrait commencer par changer la politique. »

Oui, nous avons besoin de ré-inventer la politique, de changer les pouvoirs, d’inventer à la place des institutions qui ont aujourd’hui souvent des fonctions d’exclusion, de nouvelles institutions pour la mise en place d’autres choix avec au cœur les citoyens.
titre_prenez-le-pouvoir.jpg C’est pourquoi Jean-Luc Mélenchon a raison d’en appeler aux citoyens pour qu’ils prennent le pouvoir, partout où il y a du pouvoir à prendre. C’est cela le vote utile, celui celui qui crée véritablement les conditions du changement. Le tout sauf Sarkozy ne peut suffire. Il nourrit l’abstention, le découragement et le vote Le Pen.

Un mot sur l’extrême droite. A l’occasion de ces vœux, je souhaite alerter, en appeler, au quotidien à ne rien laisser passer, de réflexes, de mots, d’actes racistes, anti tout ce qui est différent, plus pauvre que soi souvent.

Se souhaiter une bonne année,c’est prendre sa part pour faire reculer le Front National.
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Et l’on ne combattra pas le Front National avec de la morale mais en créant une dynamique à gauche suffisamment puissante pour mobiliser de nouveaux électeurs, des abstentionnistes, pour restreindre le champ du FN.

Le Front National se dit « contre le système ». Mais il oublie de nommer les responsables. Aucune remise en cause des banquiers, des actionnaires, de l’élite économique et financière. Les responsables de la crise seraient les immigrés, les assistés, les fainéants, en un mot les plus faibles. Le milliardaire qui s’enrichit dans la spéculation aurait tous les droits, le Rom qui prend de l’eau publique pour survivre devrait aller en prison.

Comprenons que cette haine cherche à opposer non pas les oppressés contre les dominants, mais les moins pauvres contre les plus pauvres.

Le FN s’occuperait de la question sociale mais avec lui pas question de droits sociaux, de justice sociale mais de mérite. Pour être aidé, il faudrait le mériter. La méritocratie cela institutionnalise une société fliquée, autoritaire et inégalitaire. Le FN dénonce tous les politiques. Mais observer leur vote là où ils sont élus. Ils votent toujours les mesures les plus droitières. Le projet du Front National c’est de substituer à la droite dite classique.

Ensemble menons ce débat d’idées, soyons solidaires entre nous, soyons riches de notre solidarité et de notre générosité à défaut de l’être dans sur notre compte en banque. Ensemble créons une dynamique à gauche suffisante qui puisse faire reculer l’extrême droite.

« Le monde ne sera sauvé que par les insoumis », disait André Gide.

L’histoire lui donne raison et elle ne s’écrit pas à l’avance. A chaque grande crise, ce sont eux les insoumis, les indignés qui ont fait les progrès de l’humanité.
time_protester.jpg Regardons, quels sont celles et ceux qui font chaud au cœur dans l’histoire contemporaine ? De quels côtés sont ils ?

• Ils sont du côté de la Résistance en France il y a juste 70 ans,

• du côté de la décolonisation,

• de la lutte contre toutes les dictatures,

• du côté de la libération de Nelson Mandela et la fin de l’apartheid,

• de l’arrivée au pouvoir de gouvernements de gauche en Amérique Latine avec la nationalisation des ressources pétrolières et des banques,

• de la lutte du peuple Palestinien et l’entrée de la Palestine à l’Unesco et la libération de Salah Hamouri,

• ce qui fait chaud aux coeur encore sont aux côtés de celles et ceux qui luttent contre la peine de mort avec parfois des victoires comme la sortie du couloir de la mort de Mumia Abou Jamal,

• et cette année aussi celles et ceux qui dans les pays Arabes et en Espagne, en Grèce ont fait que 2011, le manifestant, l’indigné a été déclaré l’homme de l’année.

Mesurons notamment ce qui c’est passé en Tunisie.

La révolution Tunisienne est à l’origine une révolution sociale, qui a pris ses racines dans le soulèvement des chômeurs du bassin minier de Gafsa dès 2008, puis dans celui des jeunes de Sidi Bouzid, Kasserine, Thala, après le geste désespéré de Mohamed Bouazizi, ce jeune diplômé chômeur, le 17 décembre 2010.
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Quand une idée, un sentiment s’emparent majoritairement d’un peuple, alors cette idée, ce sentiment peut prendre une force invincible. C’est vrai en Tunisie comme à 800 km au Nord, en France. Alors bien sûr, en Tunisie comme dans ces pays qui ont basculé cette année, tout reste à faire. Mais comme le dit Sanaa Benachour, de l’association tunisienne des femmes démocrates, « le vent de liberté sur notre pays, c’est le changement le plus net, le plus joyeux, celui qui apporte le plus de bonheur. »


Ce sont les femmes et les hommes comme nous ici ce soir qui écrivons au quotidien les belles pages de l’histoire de notre humanité.

Car nous aussi à Corbeil-Essonnes et Villabé nous avons de quoi agir politiquement avec le vote mais aussi au quotidien pour nous défendre, résister, changer les rapports de force, nous mêler de nos affaires, conquérir de nouveaux droits pour vivre mieux ensemble.
ANL_7834.jpg Je ne prendrai que quelques questions qui cette année peuvent nous mobiliser pour concrètement changer notre quotidien.

Notre santé publique,

votez_chsf.PNGparce qu’il est insupportable que les plus démunis soient soignés dans les hôpitaux les moins bien lotis quand les plus aisés bénéficient des meilleures cliniques privées. Nous avons eu raison aux côtés de l’association « sauvons notre hôpital public » et je salue son président, le médecin Henri Lelièvre, d’engager l’action pour le retour 100% public de l’hôpital Sud Francilien avec, juste avant Noël, 3400 personnes en quelques jours qui votent à 99% pour la sortie du PPP.

Je tiens à saluer, encore une fois, l’engagement de dizaines de militants qui sont allés à la rencontre des gens pour faire voter, discuter services publics, solidarité. Bien sûr le déménagement doit se faire mais dans la transparence financière, transparence des conditions sociales et sanitaires de l’accueil et du soin des patients. Sans notre action, cet hôpital restera propriété du groupe Eiffage et comme le disent les médecins, les exigences financières du groupe privé sont telles que le risque existe que notre hôpital devienne un jour 100% privé. Dans les jours qui viennent nos amis députés du Front de gauche déposeront une commission d’enquête parlementaire pour demander des comptes au groupe Eiffage et créer les conditions politiques du rachat par l’Etat des murs et de la gestion de l’hôpital. Une nouvelle réunion publique est prévue début février.

L’emploi.

Difficile mais essentielle bataille. Je salue les salariés d’Hélio qui cherchent par tous les moyens à sauver leur entreprise avec leur projet de coopérative, comme dans d’autres sites en France qui montrent s’il en était besoin que le marché capitaliste est incompatible avec la protection de l’emploi, de la qualité du travail et de la mise en réseau des acteurs économiques en amont et aval de la production.

L’avenir des jeunes.

Ce n’est pas un hasard si les jeunes ont été au cœur des révoltes en 2011 aux quatre coins de la planète. Pour m’occuper particulièrement de cette question au Conseil général, je connais tout à la fois leur désir de réussir leur rêve et en même temps leur angoisse de l’avenir.
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Passons du constat de la galère de la jeunesse à l’action concrète et utile pour leur donner la parole, la place qu’ils méritent dans la société, les accompagner dans leur lien avec les entreprises. Je salue à l’occasion, Arnaud Duverne, le président de la nouvelle association « Oui je me lance » qui regroupe plus de 30 chefs d’entreprises Corbeil-Essonnoises et qui souhaite s’engager sur cette question.

Le logement. : changer de logique, une urgence vitale!

photo_3_.JPGDans le domaine du logement aussi, nous avons tant à faire, concrètement, sans attendre. Depuis de nombreuses années, le travail indispensable, sans égal à Corbeil-Essonnes, de l’Amicale des Locataires du quartier des Tarterêts et son président, notre cher ami José Kinkela, nous démontre tout le sens et l’utilité de ce combat de tous les jours qu’est celui des Amicales des Locataires dans des villes comme les nôtres.

Dans le quartier de l’Ermitage, nous avons été de ceux qui ont aidé à la création d’une nouvelle Amicale qui aujourd’hui, commence à jouer un rôle dans le quartier. Bientôt j’espère, nos amis auront un local.

Se battre contres les expulsions qui sont toujours la pire des solutions, assurer le relogement des familles dans des conditions satisfaisantes, faire vivre un local, un réseau de familles, de connaissances, d’amis attachés à améliorer les conditions de vie dans le quartier. Quand la part des loyers dans les revenus des locataires a doublé en trente cinq ans, alors oui il y a urgence aux côtés des locataires à rendre populaire l’exigence de la baisse des loyers et des charges. Ces combats sont les nôtres, et je vous assure qu’à Corbeil-Essonnes, je continuerai à les mener avec la même colère, le même enthousiasme qui ont été les nôtres ces dernières années.

Les conditions de transport

Je ne serai pas trop long, mais sur ce point comment pouvons-nous accepter les conditions de transport sur la ligne D du RER, ces retards à répétition qui font que par exemple, nos jeunes se voient refuser un emploi quand les employeurs découvrent qu’ils sont sur cette ligne et craignent les retards. La mobilité est un enjeu de démocratie. L’idée de transports publics efficaces, accessibles, qui redeviennent un choix face à celui de la voiture : voilà une idée neuve. Dans d’autres départements que le nôtre, le mouvement est déjà enclenché. Ici aussi, battons-nous pour le tarif unique, le doublement des rames, le renouvellement des wagons : très franchement, ce ne serait pas de trop. A Corbeil-Essonnes, nous avons des amis qui se battent sur le sujet : je salue Gilbert Tranier et Patrick Coulon qui avec le Front de gauche, organisent la semaine prochaine une rencontre.

Les services publics comme l’action par les communistes de Villabé pour que l’eau redevienne pleinement un service public.

La qualité de l’urbanisme dans notre ville

7837.jpgPour partager le plaisir de vivre ensemble. Rappelons nous ce qu’a défendu le philosophe de la ville Henri Lefebvre dans son ouvrage, « le droit à la ville ». Il nous parle de la ville comme le cœur de l’insurrection esthétique contre le quotidien. Comment trop souvent le besoin d’imaginaire est oublié par l’urbanisme et ne se retrouve pas dans les équipements commerciaux et culturels mis en place. Oui chaque citoyen a droit à une qualité de vie urbaine. C’est un véritable enjeu d’agir pour la réappropriation du dessin de la ville pensé comme un collectif de vie ou les habitants ne sont pas cloisonnés dans des quartiers selon leur origine sociale, du dessin de la ville qui, en cheminant, seule ou ensemble, crée ou pas du désir, de la beauté, du rêve, de l’enthousiasme, des envies, du goût de créer, d’agir ou de penser, du goût à la rencontre et à l’échange. Je salue tous les militants des associations de défense de l’environnement à l’image de Martine Soavi, de Anne-Marie Marson. En 2012, soyons encore plus vigilant et exigeant sur les projets urbains en cours à Corbeil-Essonnes. Pas seulement pour empêcher les mauvais coups mais aussi pour être à l’initiative, dans les quartiers où tout n’est pas encore ficelé, à la Montagne des glaises, à Montconseil, mais aussi dans le centre ville, avec l’aménagement de l’ancien tribunal pour redonner de l’activité et de la vitalité au commerce.

la ville heureuse c’est la rencontre, la fête.

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Pour finir, je voudrai nous souhaiter simplement de trouver le goût et l’énergie de multiplier tout au long de l’année les occasions de se retrouver, de partager les moments de solidarité

• comme la semaine prochaine à la bourse du travail pour offrir des cadeaux aux enfants des quartiers à partir de l’idée de Martine Baudelot,

• comme l’association PEACE présidée par Faten qui projette d’envoyer en Palestine une délégation de Corbeil-Essonnois avec la vente du calendrier réalisé par Vince, un jeune Corbeil-Essonnois qui s’y rend chaque année pour peindre des graffs sur les murs de la honte,

• comme nos amis du Monde Diplomatique qui ont organisé il y a 15 jours la projection à l’Arcel du film « les nouveaux chiens de garde » devant plus de 250 personnes.

• Comme le projet aussi de mes amis de La VillEnsemble d’ouvrir un lieu citoyen en ville, pour penser et agir.

Vous le voyez, les raisons d’espérer, c’est chacun d’entre vous car vous êtes la solution.

Je reste convaincu que beaucoup reste à inventer pour créer les conditions que les citoyens que nous sommes trouvions les formes de l’engagement commun. Sans esprit de chapelle, dans des formes sûrement moins pyramidales que l’organisation traditionnelle, n’hésitons pas à nous remettre en cause, nous les militants de longue date, comme le dit si bien Jack Ralite, « Nous avons tous un héritage et nous devons le défendre mais nous en défendre aussi sinon, nous aurions des retards d’avenir. Nous serions inaccomplis », aime à citer Jack Ralite.

« Le désir de l’homme trouve sons sens dans le désir de l’autre. » disait Lacan. Pour ensemble mieux interpréter le monde dans lequel nous vivons, mieux le comprendre, pour mieux le changer. Sachons créer du désir, de l’envie, du plaisir, de se parler pour agir ensemble.

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Ainsi comme l’a dit un indigné Espagnol, nous « Empêcherons de dormir ceux qui nous empêchent de rêver. »

Bonne année !


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Discours de Faten Subhi

Bonsoir à tous,

C’est toujours avec autant de plaisir que je me joins à Bruno pour vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui commence.

Comme j’aime à le répéter, je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.

Et si nous commencions par réaliser ceux que l’on a en commun ?

L’année qui vient de s’écouler nous a montré encore une fois que c’est ensemble, que nous pouvons mener les plus beaux combats et prétendre aux plus belles victoires. Comme l’a très justement dit Bruno tout à l’heure, les prochaines échéances électorales tombent bien ! Ne les laissons pas passer ! Continuons à défendre nos convictions, et à combattre les injustices ! Unissons-nous pour un véritable changement.

Comme vous le savez très certainement, je suis d’origine palestinienne, une fierté et un réel engagement pour moi. C’est pourquoi j’aimerais partager avec vous ces quelques phrases du célèbre poète palestinien Mahmoud DARWISH.

« L’occupation ne se contente pas de nous priver des conditions élémentaires de la liberté,
Elle va jusqu’à nous priver de l’essentiel même d’une vie humaine digne, en déclarant la guerre permanente à nos corps et à nos rêves.

Nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir.

Espoir de libération et d’indépendance.

Espoir d’une vie normale où nos enfants ne serons ni héros, ni victimes.

Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix.

Merci de porter avec nous le fardeau de cet espoir. »

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