Grand succès de la cérémonie des voeux 2012 : personne ne nous empêchera de rêver!
Par Bruno Piriou le lundi 23 janvier 2012, 11:36 - L'actualité des luttes - Lien permanent

Vendredi soir, près de300 personnes se sont rendues à la belle
soirée politique et festive que nous avions organisé pour fêter la nouvelle
année. Cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas retrouvés si
nombreux, de tous les horizons, de tous les quartiers de Corbeil-Essonnes et
d'ailleurs, pour parler de cet autre monde que nous voulons construire
ensemble.
Aux mots politiques ont succédé les voix des douze musiciennes du Groupe
Yemaya la Banda.
Retour en mots et en images sur cette belle soirée.
Discours de Bruno PIRIOU
Merci chers amis d’avoir répondu à l’invitation pour cette traditionnelle
rencontre des vœux.

L’occasion de se souhaiter une bonne et heureuse année, de réaffirmer notre
attachement à la fraternité et à la solidarité. Je tiens à saluer, tout
d’abord, ceux qui mènent à Corbeil-Essonnes le combat pour une autre
ville : Nicole Méresse, conseillère municipale, qui joue quotidiennement
un rôle indispensable pour faire exister l’opposition politique dans notre
ville, et le combat est rude. Michel Nouaille, qui, lorsqu’il anime le Parti
Communiste où le mouvement sportif à Corbeil-Essonnes, contribue lui aussi
fortement à faire exister l’idée d’une autre ville. Jean-Pierre Drapier
également, à la tête de l’Association La VillEnsemble, qui fait toujours
avancer une autre manière de faire de la politique.
Ce soir, c’est l’occasion aussi de passer je l’espère un agréable moment
ensemble le temps d’une soirée, puisque ce soir en plus du buffet
minutieusement préparé par Dalal Subhi et l’association des familles du centre
ville, nous renouons avec la musique et la danse dans une ambiance, vous le
verrez, surchauffée grâce aux douze musiciennes de Yemaya la Banda.
Mais par les temps qui courent, avant la fête, quelques mots de
politique ne seront pas superflus.
Déjà que notre quotidien n’est pas que réjouissant, dorénavant, notre destin
serait suspendu à des agences de notations, agences pères fouettards à tous les
coups le peuple perd, qu’il ait été bon ou mauvais élève, c’est la punition
assurée avec une cure d’austérité.
Le tout, à 93 jours d’une élection présidentielle dont on dit aussi qu’elle
ne se jouerait qu’entre deux candidats, entre le vote utile de droite et le
vote utile de gauche. Si c’est cela la perspective, à quoi bon se souhaiter une
bonne année.
Il y a plus d’espoir à se rappeler Jean Jaurès quand il dit « qu’il ne
peut y avoir de révolution que là où il y a conscience », alors, les
militants que nous sommes devons faire appel à notre réflexion et à notre
intelligence.
Parce que quand même, qui avait raison en 2005, au moment du référendum sur
le Traité de Lisbonne qui vendait, rappelez-vous, la concurrence libre et non
faussée comme principe constituant de l’Union Européenne, supposé libérer
l’économie et la croissance ? Déjà à l’époque, les dés étaient soi-disant
jetés. Le oui allait l’emporter. C’était sans compter sur la capacité des
citoyens à s’informer, à échanger, à réfléchir, à raisonner, à prendre
conscience. En quelques mois le non était passé de 36% dans les sondages à 55%
dans les urnes.
Le peuple a rejeté le traité mais le gouvernement l’a fait rentrer par la
fenêtre. Avec comme résultat une crise existentielle de l’Euro et de toute l’UE
où la crise financière mondiale a pris un caractère particulièrement aiguë, en
raison de la nature même de la construction européenne selon les manuels du
néolibéralisme.
Alors prenons un petit moment ce soir pour pousser notre
réflexion.
Des mois que l’on nous assène le même plat, le poids de la dette publique
avec une seule recette: l’austérité ! Et cela partout, dans chaque
collectivité, en France, en Europe. Pourtant, il saute aux yeux que cette
recette est pire que le mal qu’elle entend soigner. En Grèce, la super
austérité détruit – ce n’est malheureusement pas une exagération – le pays qui
se voit plongé dans une récession forte, avec des salaires en baisse de 25 à 40
%, et, c’est logique, le chômage et le déficit qui explosent. La dette devient
ingérable, le pays est la proie des marchés, le pouvoir européen place un
banquier à la place du gouvernement issu des élections, mais la chute
continue.

D’où vient en effet cette dette ?
Les économistes critiques,
d’ailleurs de plus en plus nombreux, montrent que ce ne sont pas les dépenses
publiques (Etat et collectivités locales confondus) qui auraient augmenté ces
15 dernières années. Nous savons d’où viennent les déséquilibres
croissants : ce sont les recettes publiques qui ont baissé ! Parce
que la pensée unique néolibérale - défendue par le MEDEF, la droite, mais aussi
une partie significative du PS – a érigé un certain nombre de principes dont on
voit aujourd’hui toute la nocivité :
• il fallait baisser les impôts des plus fortunés et on a vu exploser les inégalités et se vider les caisses de l’Etat ;
• il fallait baisser les cotisations sociales côté patronal et on a obtenu une hausse des dividendes pour les gros actionnaires ;
• il fallait gagner en compétitivité en baissant les salaires et on a vu se vider les poches des salariés mais aussi les caisses sociales et de l’Etat ;
• il fallait déconstruire le droit du travail et on voit exploser la précarité, le nombre des salariés pauvres ;
• il fallait la liberté de la circulation des capitaux et on a récolté la
spéculation poussée au point de déclencher une crise financière mondiale qui
entraîne les finances publiques dans la tourmente.
Et on veut nous dire aujourd’hui que pour résoudre la crise, il
faudrait pousser encore plus loin ces principes ?
Ce serait une folie.
Parce que la fuite en avant ne peut que déboucher dans un désastre social et
la récession économique, dans la remontée de dangereux nationalismes dans une
Europe en échec, dans des divisions au sein des sociétés et entre les peuples
ce que savent parfaitement utiliser à leur profit les droites populistes et
extrêmes en Europe.
C’est Non, parce que nous savons parfaitement qu’une AUTRE logique
est possible.
Et que seule une rupture avec la logique
actuelle peut ouvrir une perspective de sortie de crise. Le chantage autour de
la dette publique qui nous empêcherait de changer de politique n’est en fait
qu’un moyen de faire taire toutes celles et tous ceux qui disent aujourd’hui,
dans les usines, dans les services publics, l’Education Nationale, dans les
hôpitaux.
Nous savons :
• qu’on peut réguler et faire reculer le pouvoir des marchés financiers
• qu’on peut détacher les banques de la spéculation pour qu’elles financent l’économie réelle;
• qu’on peut libérer les Etats européens de la mainmise des marchés en faisant financer les activités des Etats et collectivités en dehors des marchés financiers, en mobilisant les banques centrales dans l’intérêt général .
• Nous savons que nous pouvons relancer l’économie, l’industrie, la
recherche, le travail dans le sens d’un nouveau type de développement en
consacrant les richesses produites dans l’intérêt général, en augmentant les
salaires et les investissements utiles au détriment des dividendes qui, en
2011, – on vient de l’apprendre – ont augmenté de 15% !! pour les groupes du
CAC40. Ces 45 milliards d’Euro auraient pu sauver combien d’emplois, maintenir
en vie combien d’usines, former combien de chômeurs de longue durée ? On
voit combien notre revendication du SMIC à 1700 E est
justifiée !
Les choix peuvent donc être inversés!
Ne pas capituler face aux diktats des marchés financiers et l’humain
d’abord, avec la démocratie, la priorité à l’emploi, la planification
écologique, la refondation de l’Union Européenne, tels sont les messages lancés
par le Front de Gauche.
Son discours ne se limite pas à la protestation : il exprime
clairement l’ambition de changer les pouvoirs, d’obtenir une majorité et de
devenir la première force à gauche.
C’est une voie qui ouvrirait une voie inédite et prometteuse en Europe, la
seule à nous prémunir contre le nationalisme et la violence qui peuvent être le
résultat de la concurrence sauvage qui est aujourd’hui la règle. Pour donner un
nouveau souffle à cette belle idée qu’est l’Europe des peuples, née je vous le
rappelle il y a plus de soixante ans, à l’heure où en France, les idées du
Conseil National de la Résistance faisaient aussi triompher la solidarité et
l’espoir en l’avenir. Oui, les dès ne sont pas jetés dans ces échéances à
venir.
Et réellement, l’espoir d’une belle année, c'est de devenir acteur, du débat, de l’échange d’idées, de la progression de la seule force politique qui porte ces idées, le Front de gauche et avec ce front, un seul candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon,

En fait, ces échéances électorales tombent bien. A nous de les utiliser pour
élever le niveau du débat et l’amener sur les vrais sujets, faire correspondre
les débats politiques aux questions que les citoyens se posent.
Sur le besoin d’une réelle alternative, l’occasion enfin, à partir de ce que
nous vivons au quotidien, de redonner des repères dans le débat politique, de
redonner et du sens au clivage gauche droite et au combat de classes,
De prendre conscience que ce front de classe à réinventer, c’est
vous, c’est moi,
• Ce sont vos collègues de travail, vos voisins.
• Ce sont ces ouvrières en larmes de l’usine Lejaby d’Yssingeaux à qui l’ont dit après des années d’exploitation qu’elles ne servent plus à rien, ce sont les employés précaires des services à qui subissent les temps partiels, les longs trajets, les petits contrats,
• Ce sont ces employés de la grande distribution, de la restauration ou des entrepôts qui fleurissent en périphérie,
• Ce sont les fonctionnaires territoriaux, les enseignants au métier si fabuleux et confrontés à la fracture sociale et culturelle et l’insuffisante formation,
• Ce sont ces infirmières, ces médecins, ces agents administratifs qui vivent au rythme de la RGPP, des coupes budgétaires alors que le service public a tant à faire,
• ce sont ces chômeurs qui s’accrochent à leur dignité,
• ce sont les allocataires de la CAF, les salariés et les utilisateurs de Pôle Emploi,
• ce sont les sans papiers qui dorment la nuit devant la préfecture pour obtenir le renouvellement de leu titre de séjour,
• ce sont les retraités qui n’en peuvent plus de compter à 10 euros près,
• ce sont ces jeunes à qui l’ont dit qu’ils sont trop jeunes,

Oui ce front de classe, c’est vous, c’est moi, c’est nous, qui
devons travailler à sa consolidation pour redonner le goût de la
politique.
Au moment où tant de peuples se battent et des militants paient de leur vie
pour démocratiser leur société, nous ne pouvons nous résigner à banaliser
l’idée que la politique ne pourrait plus rien, que voter ne servirait plus à
rien.
Bien sur que la démocratie représentative est très mal en point, que tout
est fait pour que l’élection présidentielle ne puisse conduire à un véritable
changement ! Mais nous avons besoin de politique, et ce sont les plus
faibles qui en ont le plus besoin car la loi de la jungle les écrase. 10 ans
déjà que Pierre Bourdieu nous a quitté. Quelle pertinence quand il
disait que « pour changer la vie, il faudrait commencer par changer la
politique. »
Oui, nous avons besoin de ré-inventer la politique, de changer les
pouvoirs, d’inventer à la place des institutions qui ont aujourd’hui souvent
des fonctions d’exclusion, de nouvelles institutions pour la mise en place
d’autres choix avec au cœur les citoyens.
C’est pourquoi Jean-Luc Mélenchon a raison d’en appeler aux citoyens pour
qu’ils prennent le pouvoir, partout où il y a du pouvoir à prendre. C’est cela
le vote utile, celui celui qui crée véritablement les conditions du changement.
Le tout sauf Sarkozy ne peut suffire. Il nourrit l’abstention, le découragement
et le vote Le Pen.
Un mot sur l’extrême droite. A l’occasion de ces vœux, je souhaite alerter,
en appeler, au quotidien à ne rien laisser passer, de réflexes, de mots,
d’actes racistes, anti tout ce qui est différent, plus pauvre que soi
souvent.
Se souhaiter une bonne année,c’est prendre sa part pour faire
reculer le Front National.

Et l’on ne combattra pas le Front National avec de la morale mais en créant
une dynamique à gauche suffisamment puissante pour mobiliser de nouveaux
électeurs, des abstentionnistes, pour restreindre le champ du FN.
Le Front National se dit « contre le système ». Mais il oublie de
nommer les responsables. Aucune remise en cause des banquiers, des
actionnaires, de l’élite économique et financière. Les responsables de la crise
seraient les immigrés, les assistés, les fainéants, en un mot les plus faibles.
Le milliardaire qui s’enrichit dans la spéculation aurait tous les droits, le
Rom qui prend de l’eau publique pour survivre devrait aller en
prison.
Comprenons que cette haine cherche à opposer non pas les oppressés contre
les dominants, mais les moins pauvres contre les plus pauvres.
Le FN s’occuperait de la question sociale mais avec lui pas question de
droits sociaux, de justice sociale mais de mérite. Pour être aidé, il faudrait
le mériter. La méritocratie cela institutionnalise une société fliquée,
autoritaire et inégalitaire. Le FN dénonce tous les politiques. Mais observer
leur vote là où ils sont élus. Ils votent toujours les mesures les plus
droitières. Le projet du Front National c’est de substituer à la droite dite
classique.
Ensemble menons ce débat d’idées, soyons solidaires entre nous, soyons
riches de notre solidarité et de notre générosité à défaut de l’être dans sur
notre compte en banque. Ensemble créons une dynamique à gauche
suffisante qui puisse faire reculer l’extrême droite.
« Le monde ne sera sauvé que par les insoumis », disait André
Gide.
L’histoire lui donne raison et elle ne s’écrit pas à l’avance. A chaque
grande crise, ce sont eux les insoumis, les indignés qui ont fait les progrès
de l’humanité.
Regardons, quels sont celles et
ceux qui font chaud au cœur dans l’histoire contemporaine ? De
quels côtés sont ils ?
• Ils sont du côté de la Résistance en France il y a juste 70 ans,
• du côté de la décolonisation,
• de la lutte contre toutes les dictatures,
• du côté de la libération de Nelson Mandela et la fin de l’apartheid,
• de l’arrivée au pouvoir de gouvernements de gauche en Amérique Latine avec la nationalisation des ressources pétrolières et des banques,
• de la lutte du peuple Palestinien et l’entrée de la Palestine à l’Unesco et la libération de Salah Hamouri,
• ce qui fait chaud aux coeur encore sont aux côtés de celles et ceux qui luttent contre la peine de mort avec parfois des victoires comme la sortie du couloir de la mort de Mumia Abou Jamal,
• et cette année aussi celles et ceux qui dans les pays Arabes et en
Espagne, en Grèce ont fait que 2011, le manifestant, l’indigné a été déclaré
l’homme de l’année.
Mesurons notamment ce qui c’est passé en Tunisie.
La révolution Tunisienne est à l’origine une révolution sociale, qui a pris
ses racines dans le soulèvement des chômeurs du bassin minier de Gafsa dès
2008, puis dans celui des jeunes de Sidi Bouzid, Kasserine, Thala, après le
geste désespéré de Mohamed Bouazizi, ce jeune diplômé chômeur, le 17 décembre
2010.

Quand une idée, un sentiment s’emparent majoritairement d’un peuple, alors cette idée, ce sentiment peut prendre une force invincible. C’est vrai en Tunisie comme à 800 km au Nord, en France. Alors bien sûr, en Tunisie comme dans ces pays qui ont basculé cette année, tout reste à faire. Mais comme le dit Sanaa Benachour, de l’association tunisienne des femmes démocrates, « le vent de liberté sur notre pays, c’est le changement le plus net, le plus joyeux, celui qui apporte le plus de bonheur. »
Ce sont les femmes et les hommes comme nous ici ce soir qui écrivons
au quotidien les belles pages de l’histoire de notre
humanité.
Car nous aussi à Corbeil-Essonnes et Villabé nous avons de quoi agir
politiquement avec le vote mais aussi au quotidien pour nous défendre,
résister, changer les rapports de force, nous mêler de nos affaires, conquérir
de nouveaux droits pour vivre mieux ensemble.
Je ne prendrai que
quelques questions qui cette année peuvent nous mobiliser pour concrètement
changer notre quotidien.
• Notre santé publique,
parce qu’il est
insupportable que les plus démunis soient soignés dans les hôpitaux les moins
bien lotis quand les plus aisés bénéficient des meilleures cliniques privées.
Nous avons eu raison aux côtés de l’association « sauvons notre hôpital
public » et je salue son président, le médecin Henri Lelièvre, d’engager
l’action pour le retour 100% public de l’hôpital Sud Francilien avec, juste
avant Noël, 3400 personnes en quelques jours qui votent à 99% pour la sortie du
PPP.
Je tiens à saluer, encore une fois, l’engagement de dizaines de militants qui sont allés à la rencontre des gens pour faire voter, discuter services publics, solidarité. Bien sûr le déménagement doit se faire mais dans la transparence financière, transparence des conditions sociales et sanitaires de l’accueil et du soin des patients. Sans notre action, cet hôpital restera propriété du groupe Eiffage et comme le disent les médecins, les exigences financières du groupe privé sont telles que le risque existe que notre hôpital devienne un jour 100% privé. Dans les jours qui viennent nos amis députés du Front de gauche déposeront une commission d’enquête parlementaire pour demander des comptes au groupe Eiffage et créer les conditions politiques du rachat par l’Etat des murs et de la gestion de l’hôpital. Une nouvelle réunion publique est prévue début février.
• L’emploi.
Difficile mais essentielle bataille. Je salue les salariés d’Hélio qui cherchent par tous les moyens à sauver leur entreprise avec leur projet de coopérative, comme dans d’autres sites en France qui montrent s’il en était besoin que le marché capitaliste est incompatible avec la protection de l’emploi, de la qualité du travail et de la mise en réseau des acteurs économiques en amont et aval de la production.
• L’avenir des jeunes.
Ce n’est pas un hasard si les jeunes ont été au cœur des révoltes en 2011
aux quatre coins de la planète. Pour m’occuper particulièrement de cette
question au Conseil général, je connais tout à la fois leur désir de réussir
leur rêve et en même temps leur angoisse de l’avenir.

Passons du constat de la galère de la jeunesse à l’action concrète et utile pour leur donner la parole, la place qu’ils méritent dans la société, les accompagner dans leur lien avec les entreprises. Je salue à l’occasion, Arnaud Duverne, le président de la nouvelle association « Oui je me lance » qui regroupe plus de 30 chefs d’entreprises Corbeil-Essonnoises et qui souhaite s’engager sur cette question.
• Le logement. : changer de logique, une urgence vitale!
Dans le domaine du
logement aussi, nous avons tant à faire, concrètement, sans attendre. Depuis de
nombreuses années, le travail indispensable, sans égal à Corbeil-Essonnes, de
l’Amicale des Locataires du quartier des Tarterêts et son président, notre cher
ami José Kinkela, nous démontre tout le sens et l’utilité de ce combat de tous
les jours qu’est celui des Amicales des Locataires dans des villes comme les
nôtres.
Dans le quartier de l’Ermitage, nous avons été de ceux qui ont aidé à la
création d’une nouvelle Amicale qui aujourd’hui, commence à jouer un rôle dans
le quartier. Bientôt j’espère, nos amis auront un local.
Se battre contres les expulsions qui sont toujours la pire des solutions,
assurer le relogement des familles dans des conditions satisfaisantes, faire
vivre un local, un réseau de familles, de connaissances, d’amis attachés à
améliorer les conditions de vie dans le quartier. Quand la part des loyers dans
les revenus des locataires a doublé en trente cinq ans, alors oui il y a
urgence aux côtés des locataires à rendre populaire l’exigence de la baisse des
loyers et des charges. Ces combats sont les nôtres, et je vous assure qu’à
Corbeil-Essonnes, je continuerai à les mener avec la même colère, le même
enthousiasme qui ont été les nôtres ces dernières années.
• Les conditions de transport
Je ne serai pas trop long, mais sur ce point comment pouvons-nous accepter
les conditions de transport sur la ligne D du RER, ces retards à répétition qui
font que par exemple, nos jeunes se voient refuser un emploi quand les
employeurs découvrent qu’ils sont sur cette ligne et craignent les retards. La
mobilité est un enjeu de démocratie. L’idée de transports publics efficaces,
accessibles, qui redeviennent un choix face à celui de la voiture : voilà
une idée neuve. Dans d’autres départements que le nôtre, le mouvement est déjà
enclenché. Ici aussi, battons-nous pour le tarif unique, le doublement des
rames, le renouvellement des wagons : très franchement, ce ne serait pas
de trop. A Corbeil-Essonnes, nous avons des amis qui se battent sur le
sujet : je salue Gilbert Tranier et Patrick Coulon qui avec le Front de
gauche, organisent la semaine prochaine une rencontre.
• Les services publics comme l’action par les communistes de Villabé pour que l’eau redevienne pleinement un service public.
• La qualité de l’urbanisme dans notre ville
Pour partager le plaisir de vivre
ensemble. Rappelons nous ce qu’a défendu le philosophe de la ville Henri
Lefebvre dans son ouvrage, « le droit à la ville ». Il nous parle de la
ville comme le cœur de l’insurrection esthétique contre le quotidien. Comment
trop souvent le besoin d’imaginaire est oublié par l’urbanisme et ne se
retrouve pas dans les équipements commerciaux et culturels mis en place. Oui
chaque citoyen a droit à une qualité de vie urbaine. C’est un véritable enjeu
d’agir pour la réappropriation du dessin de la ville pensé comme un collectif
de vie ou les habitants ne sont pas cloisonnés dans des quartiers selon leur
origine sociale, du dessin de la ville qui, en cheminant, seule ou ensemble,
crée ou pas du désir, de la beauté, du rêve, de l’enthousiasme, des envies, du
goût de créer, d’agir ou de penser, du goût à la rencontre et à l’échange. Je
salue tous les militants des associations de défense de l’environnement à
l’image de Martine Soavi, de Anne-Marie Marson. En 2012, soyons encore plus
vigilant et exigeant sur les projets urbains en cours à Corbeil-Essonnes. Pas
seulement pour empêcher les mauvais coups mais aussi pour être à l’initiative,
dans les quartiers où tout n’est pas encore ficelé, à la Montagne des glaises,
à Montconseil, mais aussi dans le centre ville, avec l’aménagement de l’ancien
tribunal pour redonner de l’activité et de la vitalité au commerce.
• la ville heureuse c’est la rencontre, la fête.

Pour finir, je voudrai nous souhaiter simplement de trouver le goût et l’énergie de multiplier tout au long de l’année les occasions de se retrouver, de partager les moments de solidarité
• comme la semaine prochaine à la bourse du travail pour offrir des cadeaux aux enfants des quartiers à partir de l’idée de Martine Baudelot,
• comme l’association PEACE présidée par Faten qui projette d’envoyer en Palestine une délégation de Corbeil-Essonnois avec la vente du calendrier réalisé par Vince, un jeune Corbeil-Essonnois qui s’y rend chaque année pour peindre des graffs sur les murs de la honte,
• comme nos amis du Monde Diplomatique qui ont organisé il y a 15 jours la projection à l’Arcel du film « les nouveaux chiens de garde » devant plus de 250 personnes.
• Comme le projet aussi de mes amis de La VillEnsemble d’ouvrir un lieu citoyen en ville, pour penser et agir.
Vous le voyez, les raisons d’espérer, c’est chacun d’entre vous car
vous êtes la solution.
Je reste convaincu que beaucoup reste à inventer pour créer les conditions que les citoyens que nous sommes trouvions les formes de l’engagement commun. Sans esprit de chapelle, dans des formes sûrement moins pyramidales que l’organisation traditionnelle, n’hésitons pas à nous remettre en cause, nous les militants de longue date, comme le dit si bien Jack Ralite, « Nous avons tous un héritage et nous devons le défendre mais nous en défendre aussi sinon, nous aurions des retards d’avenir. Nous serions inaccomplis », aime à citer Jack Ralite.
« Le désir de l’homme trouve sons sens dans le désir de
l’autre. » disait Lacan. Pour ensemble mieux interpréter le monde
dans lequel nous vivons, mieux le comprendre, pour mieux le changer.
Sachons créer du désir, de l’envie, du plaisir, de se parler pour agir
ensemble.

Ainsi comme l’a dit un indigné Espagnol, nous « Empêcherons de
dormir ceux qui nous empêchent de rêver. »
Bonne année !



Discours de Faten Subhi
Bonsoir à tous,
C’est toujours avec autant de plaisir que je me joins à Bruno pour vous
présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui commence.
Comme j’aime à le répéter, je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et
l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.
Et si nous commencions par réaliser ceux que l’on a en commun
?
L’année qui vient de s’écouler nous a montré encore une fois que c’est
ensemble, que nous pouvons mener les plus beaux combats et prétendre aux plus
belles victoires. Comme l’a très justement dit Bruno tout à l’heure, les
prochaines échéances électorales tombent bien ! Ne les laissons pas
passer ! Continuons à défendre nos convictions, et à combattre les
injustices ! Unissons-nous pour un véritable changement.
Comme vous le savez très certainement, je suis d’origine palestinienne, une
fierté et un réel engagement pour moi. C’est pourquoi j’aimerais partager avec
vous ces quelques phrases du célèbre poète palestinien Mahmoud
DARWISH.
« L’occupation ne se contente pas de nous priver des conditions
élémentaires de la liberté,
Elle va jusqu’à nous priver de l’essentiel même d’une vie humaine digne, en
déclarant la guerre permanente à nos corps et à nos
rêves.
Nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir.
Espoir de libération et d’indépendance.
Espoir d’une vie normale où nos enfants ne serons ni héros, ni victimes.
Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour
et de paix.
Merci de porter avec nous le fardeau de cet
espoir. »


