Je ne me résous pas à ce que le seul horizon politique dans notre pays soit d’empêcher le Front National de gagner les élections. Oui la gauche est divisée. Mais comment ne pourrait elle pas l’être ? Pendant des semaines, les électeurs-rices nous ont parlé que de questions nationales, des petites retraites, des difficultés des jeunes diplômés de trouver un emploi stable, des souffrances au travail dans les services publics comme à l’éducation nationale ou à l’hôpital mais aussi dans le privé à l’image des salariés de la Snecma sortis manifester deux fois en quinze jours pour leurs salaires. A cela, que répond Manuel Valls ? Il faudrait continuer à réduire les dépenses publiques utiles au quotidien et à aider financièrement les grandes entreprises. N’a-t-il pas lui-même nationalisé cette élection départementale en s’affichant comme le meilleur rempart contre le FN ? Pourquoi les dirigeants socialistes ne s’interrogent ils pas sur le fait politique que quand ils sont au pouvoir, la droite et l’extrême droite progressent? Quels enseignements politiques tire le premier ministre, de voir la gauche ne pas totaliser 40% des voix dans la moitié de sa circonscription?

Le peuple de gauche boude les urnes. La seule façon de redonner le goût de voter à gauche passe par redonner confiance dans les institutions en les démocratisant et en se donnant les moyens financiers de répondre aux énormes demandes sociales, économiques, environnementales, sportives et culturelles.

Je ne fais pas de la politique pour sauver un siège même si bien évidemment l’autorité et le pouvoir d’agir au département ont été bien utiles aux populations. Je fais de la politique pour être toujours plus utile à ce que les citoyens prennent confiance dans leur pouvoir d’interpréter la vie politique de notre société et d’agir pour vivre mieux. A l’image des locataires des Tarterêts qui viennent de gagner la baisse de leurs charges locatives ou encore de celles et ceux qui se sont mobilisés pour gagner la régularisation du jeune Massaman.

Si j’ai une part de responsabilité dans cet échec de la gauche, il faut la chercher dans notre incapacité collective à définir un espace démocratique réellement de gauche et écologiste, tant à l’échelle locale que nationale. Je reste marqué par ces centaines de citoyens rencontrés ces dernières semaines et désireux-ses de se mêler de politique sincèrement et démocratiquement et désolés de ne pas avoir encore trouvé l’espace politique leur correspondant. C’est à cela que je vais continuer de militer. Avec moins de disponibilité puisque devant reprendre mon activité salariée mais avec encore plus de détermination, tant il y a de mises en mouvement possibles.
Je vous donne rendez-vous dès demain soir à notre local de campagne, pour faire ensemble une première analyse de cette campagne et réfléchir à ce que nous dirons et ferons dans les prochains jours.

Et que personne ne compte sur moi pour de petits arrangements politiciens avec des hommes politiques avec lesquels je ne partage aucune idée.

Je salue Saliha Barkat, Dominique Loudière et Arnaud Duverne pour leur courageux engagement dans cette campagne. Je sais qu’ils ont l’envie et la détermination de continuer à agir.