Dimanche prochain, je voterai Farida Amrani et Ulysse Rabaté.

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Farida Amrani à la rencontre des habitants. Manuel Valls s'éloigne avec son porteur de parapluie...

Pour les idées qu’ils portent. Celles contenues dans le programme « l’avenir en commun » défendu par Jean-Luc Mélenchon aux présidentielles. 30% des électeurs-rices du premier tour de la présidentielle dans la circonscription y ont retrouvé la cohérence d’une autre histoire que nous pourrions nous raconter en France et en Europe. Un avenir fait d’une nouvelle République, prenant en compte l’urgence sociale et écologique, proposant une Europe démocratisée et maîtrisée par les peuples et une ambition pour la paix, un avenir porté par le parti pris du commun contre le chacun pour soi.

Ces idées, Farida Amrani et Ulysse Rabaté les portent naturellement depuis des années, au quotidien de leurs engagements.

Nul besoin de preuve quand on sait que Farida Amrani est venue à la politique en prenant au mot le remplaçant de Manuel Valls à la mairie d’Evry : « Si vous n’êtes pas contente de nos rythmes scolaires, faîtes une liste aux municipales ». Non, aux côtés d’autres parents-es d’élèves, Farida n’était contente ni de la réforme tombée d’en haut du ministère, ni d’en bas de la mairie, parce que comme tout ce qui se pense en dehors des intéressés, cela tombe à côté de la plaque de leurs besoins. La liste conduite par Farida Amrani de ces insoumis-ses bien avant que le « label » n’existe, réalisa 20% des voix au second tour de la municipale de 2014. La décision de se maintenir au second tour marque là aussi une rupture avec la trop traditionnelle fusion des listes dîtes de gauche du premier tour. C’est le début d’un grand débat politique au sein des forces de gauche. Comment est-ce possible de ne plus rien partager des projets politiques au niveau national et continuer de faire croire que l’on pourrait s’entendre au niveau local ? Devenir de l’hôpital Sud Francilien et de son partenariat public-privé, rythmes scolaires, rapport aux entreprises, démocratie locale, intercommunalité, sur tous ces sujets et bien d’autres, le temps était venu de constater les divergences locales illustrant celles plus nationales entre une social-démocratie dérivant vers le libéralisme financier et une gauche en recherche, plus radicale, plus écologique et plus démocratique.

Un parcours similaire illustre Ulysse Rabaté. Candidat du front de gauche en 2012 déjà face à Manuel Valls, Ulysse symbolise cette jeunesse en quête de sens d’un nouveau monde. Le Front de gauche de l’époque fut une première réponse. Elu en 2014 conseiller municipal à Corbeil-Essonnes sur la liste Le Printemps de Corbeil-Essonnes face au remplaçant de Serge Dassault Jean-Pierre Bechter, Ulysse témoigne de cette quête politique en rupture avec le parti socialiste de Manuel Valls où les combinaisons politiciennes doivent être remplacées par l’émergence citoyenne. Cette idée qu’en politique chacun-e doit compter pour un-e. Seule cette exigence politique pousse à considérer tous-tes les habitants-es d’une ville et notamment celles et ceux à qui l’on ne donne jamais la parole, celles et ceux des quartiers populaires qui dans notre circonscription de l’Essonne constituent la grande majorité des citoyens-es. J’ai particulièrement pu vérifier son exigence intellectuelle et politique dans notre collaboration pour l’écriture de notre livre « L’argent maudit ». Ulysse est aussi celui qui m’a accompagné politiquement dans ma décision de refuser l’union avec la candidate socialiste au premier tour de la cantonale. Candidate socialiste aujourd’hui suppléante de Manuel Valls. Un siège perdu vaut mieux qu’une union en trompe l’œil.

C’est fort de ces deux parcours que la France Insoumise apporte son soutien à ces deux candidats.

Ils sont tout à la fois porteurs d’un projet national et en même temps ancrés dans leurs villes et dans la circonscription. Elle et il témoignent d’une toute autre conception de la politique que celle qui symbolise Manuel Valls. Sûrement faut-il y voir là, la raison qui les place en challenger de l’ex premier ministre. Manuel Valls symbolise le renoncement aux idéaux de la gauche quand Farida Amrani et Ulysse Rabaté participent à en réécrire l’histoire. Manuel Valls symbolise jusqu’à la caricature le pouvoir centralisé, autoritaire et surtout la parole trahie quand Farida Amrani et Ulysse Rabaté portent l’exigence que les élus doivent cesser de parler au nom du peuple en réinventant la démocratie représentative. Leur jeunesse ne tient pas tant à leur âge qu’au renouvellement des idées politiques qu’ils défendent. Macron est lui aussi un jeune président et pourtant ses ordonnances sur le code du travail nous ramènent bien en arrière. Quel que soit notre vote du premier tour à la présidentielle, des milliers d’électeurs-rices peuvent se retrouver en eux et participer de cette grande nouvelle politique d’avoir défait celui qui aura tant contribué à tuer le sens même du mot gauche.

La force du peuple n’est pas seulement leur slogan. Qu’une femme issue des quartiers populaires d’Evry, militante parente d’élève, syndicaliste, fille d’une génération d’immigrés arrivée en France pour travailler et élever ses enfants, remplace Manuel Valls à l’assemblée nationale, c’est la démonstration vivante qu’un autre monde est possible et nécessaire.