En début d’année, la tradition veut que l’on se souhaite des bons vœux. Depuis 24 ans, nous n’avons jamais loupé ce rendez-vous qui se veut avant tout chaleureux et fraternel.

Au nom des militants du Printemps de Corbeil-Essonnes, nous souhaitons que ce qui s’est amorcé avec le mouvement des gilets jaunes s’amplifie encore plus largement dans la population et durablement.

A la double inquiétude d’une société figée dans son dérèglement climatique gravissime pour l’humanité et dans ce drame anthropologique actuel qu’est la frénésie financière qui creuse de façon démente les inégalités, 26 milliardaires qui possèdent autant que près de 4 milliards de pauvres, qui pousse aux populismes aux quatre coins de la planète comme en France, nous voyons comme une très bonne nouvelle l’exigence qui monte partout dans notre pays de se faire entendre, de se parler, de se rencontrer, d’être enfin considéré. Ici comme ailleurs nous ne prédisons pas l’avenir et nous ne fonctionnons ni à l’optimisme béat, ni au pessimisme démoralisant et sclérosant. Comme dit l’autre, au Printemps de Corbeil-Essonnes, nous sommes du parti pris de l’optimisme de l’action.

Alors pour 2019, nous souhaitons prendre toute notre part à ce désir de rencontre et de partage. Notre association ne vient pas de nulle part. Nous sommes quelques-uns et quelques-unes à avoir assez tôt pensé que la politique ne pouvait être désirable que si l’on arrêtait de penser et de parler à la place des gens, au nom des gens. Et qu’en autre raison, le gouffre crée au fil des décennies entre les citoyens et leurs représentants, élus ou responsable de partis politiques trouvait son origine dans cette vieille idée de vouloir faire le bonheur des gens à leur place. Alors engagé depuis 1995, date de l’élection de Serge Dassault à Corbeil-Essonnes, nous n’avons cessé d’inventer des formes nouvelles d’engagement. Génération citoyenne en 2001, La VillEnsemble en 2008, et le Printemps de Corbeil-Essonnes en 2013.

Nous faisons de la question démocratique l’une des questions majeures de notre époque. Parce que nous avons la conviction, qu’il ne peut y avoir de progrès de l’humanité et de civilisation, sociaux, environnementaux, que par l’action des citoyens eux-mêmes. C’est vrai pour des enjeux locaux comme pour des enjeux nationaux ou internationaux.

Mais l’action principale du Printemps de Corbeil-Essonnes c’est de prétendre être utile à des jours heureux dans notre ville. Nous ne cachons pas notre volonté de réussir une alternative politique en 2020 à Corbeil-Essonnes. Mais l’expérience dans cette ville si atypique, nous a appris qu’il n’y aura pas de changement d’équipe municipale sans l’expression d’une très grande majorité de Corbeil-Essonnois. Et que cela n’était possible que si nous sachions créer les conditions que les habitants de cette ville se rencontrent, se parlent, fraternisent, agissent sans attendre et portent ensemble un nouvel imaginaire possible et nécessaire.

Gagner des élections c’est à la fois une fin en soi, parce qu’il n’est pas juste que la destinée de notre commune soit confisqué par un pouvoir opaque et cynique, pas juste que les 100 millions d’euros des recettes communales soient si mal utilisées, pas juste que Corbeil-Essonnes, deuxième ville du département soit ainsi reléguée à une ville dortoir.

Je suis agréablement interpelé par de nombreux maires de l’agglomération Grand Paris Sud qui me font part de leur soutien et de leur espoir d’un changement dans notre ville. C’est un encouragement à persévérer. Il y a bien un verrou municipal à faire sauter, et oui c’est un objectif en soi. Mais cela ne peut être le seul objectif de comme on dit faire la politique. Nous voulons aussi créer sans attendre les conditions de vivre mieux tout de suite dans cette ville à laquelle nous sommes si attachés. C’est pourquoi dans la lancée de ce qu’Elsa Touré a rappelé, nous poursuivrons nos initiatives tout au long de l’année. Fête de la musique, sortie à la mer cet été entre autre. Sans attendre nous vous donnons rendez-vous samedi prochain à 10 heures devant l’hôtel de ville pour notre deuxième balade urbaine avec notre ami urbaniste Makan Rafatdjou. L’occasion de découvrir et de réfléchir ensemble à l’aménagement de notre ville.

Mais plus fondamentalement encore, Le Printemps de Corbeil-Essonnes va être utile dès le mois prochain à libérer la parole des Corbeil-Essonnois. Parce que là se joue l’avenir de notre ville. Le grand désarroi, le manque de confiance en l’avenir vient aussi de la difficulté de l’époque à faire sens ensemble, à faire la ville ensemble, à peser collectivement sur le cours des choses. Le Printemps de Corbeil-Essonnes s’est créé de cette conviction que rien ne serait possible sans briser les replis sur soi et les divisions. 10000 nouveaux habitants sont arrivés dans notre ville ces dix dernières années. Vous le savez, rien n’a été pensé pour que la rencontre ait lieu, bien au contraire. Urbanisme inhumain, pas de centralité pour se retrouver, digicode, pas de fêtes et d’occasion de fraterniser, Corbeil-Essonnes souffre d’isolement des gens entre eux. Notre maire invisible fait ce pari. Que personne ne se mêle de ce qui peut faire communauté. Alors, nous allons militer pour le contraire. Personne ne peut prétendre connaître du haut de sa tour d’ivoire, ce que les 51000 habitants espèrent pour leur ville. Nous allons aller leur proposer de le dire.

Aidé d’une enquête audio-visuelle qui va permettre d’entendre des dizaines d’habitants parler de leur ville, de ce qu’il faut changer, de comment ils se projettent dans l’avenir, nous allons organiser des centaines de rencontres aux quatre coins de Corbeil-Essonnes pendant plusieurs mois. Chez les habitants, au café, devant le lycée, l’hôpital, les entreprises, au pied des immeubles. Le projet d’avenir pour notre ville, ce sont les Corbeil-Essonnois qui vont l’écrire. Pour ce faire, plus nous serons nombreux à relever le défi et plus nombreux seront les Corbeil-Essonnois à pouvoir s’exprimer et se rencontrer. Le Printemps 2019, va être celui d’une formidable émergence citoyenne. Voilà notre parti pris. Il ne s’oppose en rien à se rencontrer entre associations, partis politiques, personnalités, bien au contraire. J’en profite pour saluer chaleureusement et amicalement Michel Nouaille, Jérôme Brézillon, Pascale Prigent, Martine Soavi, Nicole Méresse, Bruno Arasa, Vince, José. J’en suis sûr, au plus près des préoccupations des citoyens de Corbeil-Essonnes, nous saurons le moment venu nous rassembler.

Un dernier mot sur l’actualité à venir. Le grand débat national s’invite dans notre ville et j’ai été convié hier soir à une réunion municipale pour réfléchir aux formes qu’il pourrait prendre. J’ai expliqué que selon moi, ce grand débat national était une victoire des gilets jaunes. Il n’était effectivement pas dans l’agenda du président, de proposer aux citoyens de se parler. Ne pouvant plus sortir de son palais après seulement un an de gouvernance Jupitérienne, il n’a pas eu d’autres solutions que d’appeler à se parler. J’ai donc proposé que la commission municipale installée à cet effet, organise avant les vacances de février trois grands débats dans la ville, où chacune et chacun aurait tout le loisir de s’exprimer. Ma proposition a reçu l’assentiment de tous les élus présents. Je ne doute pas que nous y serons nombreux pour s’y faire entendre.

Vous connaissez la jolie chanson de Ferrat, « Au printemps de quoi rêvais-tu ? Vieux monde clos comme une orange, faîtes que quelque chose change, et l’on croisait des inconnus riant aux anges ».

Chers amis, je nous souhaite, qu’en 2019, nous allions à la rencontre de milliers d’inconnus pour écrire ensemble une nouvelle page de l’histoire de notre ville.

Bonne année à toutes et tous, santé, amour, amitié.